La Société nationale d’électricité (SNEL) du Congo a annoncé son intention de renforcer l’approvisionnement en énergie électrique de Kinshasa en recourant à une centrale électrique flottante. Cette décision a été prise pour répondre à la demande croissante d’électricité dans la capitale congolaise. Le directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba, a fait cette annonce lors d’un briefing de presse.
Selon Teddy Lwamba, la SNEL possède des installations dont la capacité théorique de production est de 2 800 MW. Cependant, en raison de différentes contraintes techniques, la puissance effectivement disponible se situe entre 1 800 et 2 000 MW sur l’ensemble du territoire national. Les difficultés récurrentes de desserte en électricité résultent principalement d’un déséquilibre entre les capacités de production disponibles et l’évolution rapide des besoins énergétiques du pays.
La transformation du paysage économique congolais au cours des dernières décennies a entraîné une augmentation considérable de la consommation d’électricité. Les besoins énergétiques étaient autrefois relativement limités, mais l’expansion des activités minières, la croissance démographique et le développement des centres urbains ont accru la consommation. En 1982, la production d’Inga II permettait de répondre aux besoins du pays, mais depuis, la demande a fortement progressé.
La capitale congolaise, Kinshasa, constitue l’une des illustrations les plus frappantes de cette pression énergétique. La ville compte près de 20 millions d’habitants et ses besoins se situent entre 620 et 700 MW en période de pointe. En 1989, Kinshasa consommait environ 580 MW avec une population estimée à 4 millions d’habitants. La SNEL doit désormais privilégier le développement de nouvelles capacités de production sur le territoire national.
Pour répondre à la demande croissante, la SNEL a choisi de recourir à Karpowership, une société turque spécialisée dans la production d’électricité à partir de centrales flottantes. Un contrat a été conclu avec cet opérateur, qui devrait mettre un navire équipé d’une centrale électrique à la disposition de la RDC dans un délai d’environ trois semaines. L’installation permettra d’apporter 135 MW supplémentaires.
Le développement de l’énergie solaire est également envisagé comme une alternative, mais cela demanderait entre six et douze mois avant de produire des résultats. Teddy Lwamba estime que la relance du secteur électrique nécessite un accompagnement plus important de l’État, notamment pour donner à l’entreprise les moyens financiers nécessaires pour moderniser ses installations et développer de nouvelles sources d’énergie.
Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a rassuré quant à la détermination du gouvernement d’accroître les capacités de la SNEL afin de lui permettre de répondre au mieux aux besoins de la population en fourniture d’électricité. Le gouvernement envisage de mettre en place un mécanisme de subvention en faveur du secteur de l’électricité, à l’instar du soutien accordé au secteur des hydrocarbures.
Key points
- La SNEL prévoit de recourir à une centrale électrique flottante pour fournir 135 mégawatts supplémentaires au réseau national de Kinshasa.
- La centrale électrique flottante sera fournie par Karpowership, une société turque spécialisée dans la production d’électricité à partir de centrales flottantes.
- Le gouvernement envisage de mettre en place un mécanisme de subvention en faveur du secteur de l’électricité pour donner à la SNEL les moyens financiers nécessaires pour moderniser ses installations.