Les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026 aux États-Unis auront des implications sur les relations entre Washington et Kinshasa. Le scrutin déterminera la composition du prochain Congrès, ce qui pourrait modifier les conditions dans lesquelles les engagements pris avec la RDC sont financés et contrôlés. Le président américain conduit la politique étrangère, mais son administration doit composer avec les pouvoirs du Parlement.
Le Congrès vote les crédits fédéraux et ses commissions peuvent organiser des auditions, examiner l'utilisation des fonds et demander des explications aux responsables des programmes publics. Une majorité différente au Congrès pourrait donc modifier les conditions de financement et de contrôle des accords entre les deux pays. Les Américains sont appelés aux urnes pour renouveler les 435 sièges de la Chambre des représentants et 35 sièges du Sénat.
La coopération sanitaire entre les États-Unis et la RDC illustre directement cet enjeu. Le mémorandum signé le 26 février 2026 porte sur cinq ans et représente une enveloppe annoncée de 1,2 milliard de dollars. Il prévoit jusqu'à 900 millions de dollars de soutien américain et une augmentation de 300 millions de dollars des dépenses nationales de santé congolaises.
Les programmes concernent notamment le VIH, la tuberculose, le paludisme, la santé maternelle et infantile ainsi que la surveillance des maladies. Le vote des crédits constitue donc un élément à suivre pour apprécier la concrétisation des engagements. Le département d'État prévoit de mobiliser l'aide américaine en collaboration avec le Congrès.
Le partenariat stratégique, signé le 4 décembre 2025, établit un cadre de coopération portant notamment sur les minerais critiques, les infrastructures et les investissements. Il prévoit une réserve d'actifs stratégiques et un droit de première offre pour les acteurs américains sur certains projets. Le gouvernement congolais cherche déjà à accélérer la mise en œuvre de ce partenariat.
Selon la Primature, une réunion de la task force RDC-États-Unis, tenue le 12 octobre, a notamment porté sur Grand Inga, le corridor de Lobito, les actifs stratégiques proposés à Washington et la sélection des projets prioritaires. Le résultat électoral donnera un nouveau rapport de force politique, mais ses effets sur les accords se mesureront ensuite dans les budgets, les décisions administratives et les projets effectivement réalisés.
Pour Kinshasa, il faudra observer plusieurs décisions après les élections: les crédits consacrés à la coopération sanitaire, les conditions attachées aux financements, les éventuelles initiatives de contrôle parlementaire et l'avancement des investissements. Les commissions disposent de pouvoirs de contrôle indépendamment du parti majoritaire, et la tenue d'auditions sur les accords avec la RDC dépendra des priorités des élus.
Key points
- Les élections américaines de mi-mandat pourraient modifier les conditions de financement et de contrôle des accords entre les États-Unis et la RDC.
- La coopération sanitaire entre les États-Unis et la RDC est l'un des domaines qui pourraient être affectés par les élections.
- Le partenariat stratégique entre les deux pays établit un cadre de coopération portant sur les minerais critiques, les infrastructures et les investissements.