Selon une note de l'Institut arabe des chefs d'entreprise (IACE), le salaire minimum tunisien représente moins de la moitié du salaire minimum marocain. Le SMIG mensuel en Tunisie est de 490 dinars, soit 156 dollars, tandis qu'au Maroc, il atteint 335 dollars. Cela place la Tunisie en situation de concurrence régionale difficile.
La Tunisie se classe 12e en Afrique pour l'attractivité de l'investissement, selon le classement de la Rand Merchant Bank cité par l'IACE. Le Maroc occupe la 5e place, tandis que l'Égypte est 3e. Sept rangs séparent la Tunisie du Maroc, neuf de l'Égypte. Les indicateurs économiques, tels que le chômage et l'informel, montrent des chiffres différents entre les trois pays.
Le chômage atteint 15,2 % en Tunisie, contre 12,8 % au Maroc et 6,3 % en Égypte. L'informel n'occupe que 36,2 % de la main-d'œuvre tunisienne, contre 56,9 % au Maroc et 51 % en Égypte. Un salaire minimum plus bas et un marché du travail plus formel ne suffiraient donc pas, à eux seuls, à garantir un meilleur rang.
Pour l'IACE, l'écart entre la Tunisie et le Maroc en termes d'attractivité est dû à la rigidité du droit. L'Égypte et le Maroc ont élaboré des législations récentes pour attirer les investissements numériques, grâce à la souplesse de leurs législations. La Tunisie accuse un retard dans cette évolution, ce qui pèse sur son attractivité.
Cependant, le tableau comparatif de l'IACE montre que le télétravail est absent au Maroc comme en Tunisie. Il en va de même du cadre juridique des plateformes numériques et de la flexisécurité. Le Maroc se distingue par l'encadrement de la sous-traitance de main-d'œuvre, tandis que la Tunisie l'a interdite depuis 2025.
La négociation au sein de l'entreprise est jugée moyenne au Maroc, mais limitée en Tunisie par l'article 44 du Code. Les critères de représentativité syndicale sont fixés par la loi marocaine depuis 2004, mais pas en Tunisie. Le lien entre emploi et sécurité sociale est qualifié de moyen au Maroc, mais de faible en Tunisie.
L'IACE propose de corriger certains points pour améliorer l'attractivité de la Tunisie. Il recommande de remplacer la peine de prison en matière de sous-traitance par des amendes dissuasives et graduées, et de supprimer l'autorisation préalable des accords d'entreprise. Le bas niveau du salaire minimum reste un atout tunisien réel, mais ne suffit pas à expliquer le classement.
Key points
- Le salaire minimum tunisien est deux fois plus bas que le salaire minimum marocain.
- La Tunisie se classe 12e en Afrique pour l'attractivité de l'investissement, tandis que le Maroc est 5e.
- L'IACE propose des réformes pour améliorer l'attractivité de la Tunisie, notamment la suppression de la peine de prison en matière de sous-traitance.