Le président du Parlement africain, Fateh Boutbig, a affirmé que les Parlements africains doivent agir pour freiner la progression des maladies non transmissibles, qui causent des millions de décès chaque année. Il a plaidé pour une fiscalité sanitaire sur les boissons sucrées, le tabac et l'alcool. M. Boutbig a souligné que les décisions prises aujourd'hui au Parlement peuvent sauver des vies et renforcer la résilience des systèmes de santé.
Les maladies non transmissibles, notamment les maladies cardiovasculaires, les cancers, le diabète et les maladies respiratoires chroniques, sont en progression en Afrique. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ces maladies ont causé au moins 43 millions de décès en 2021, dont 18 millions chez des personnes âgées de moins de 70 ans. Face à cette situation, M. Boutbig a appelé à renforcer les investissements dans la prévention et à consolider les ressources nationales consacrées à la santé.
La fiscalité sanitaire est considérée comme un levier important pour lutter contre les maladies non transmissibles. M. Boutbig a cité l'initiative « 3 d'ici à 35 » de l'OMS, qui encourage les pays à augmenter d'au moins 50 % les prix réels du tabac, de l'alcool et des boissons sucrées d'ici à 2035 grâce à des mesures fiscales. L'objectif est double : réduire la consommation de produits présentant des risques pour la santé et dégager des recettes supplémentaires pour soutenir les systèmes sanitaires.
Pour être efficaces, les mesures de fiscalité sanitaire doivent tenir compte des réalités propres à chaque pays. M. Boutbig a appelé les parlementaires à « adopter des réformes fondées sur les données nationales et les preuves scientifiques », en tenant compte des habitudes de consommation, des niveaux de revenus et des spécificités économiques et sociales de chaque société. La fiscalité sanitaire doit également s'inscrire dans une politique plus large de financement de la santé.
Le président du Parlement africain a souligné l'importance de protéger les ménages vulnérables contre les impacts négatifs de la fiscalité sanitaire. Il a fait valoir que « les politiques fiscales devraient être conçues en tenant compte des conditions économiques et sociales propres à chaque pays et faire l'objet d'une évaluation régulière de leurs effets ». Les populations doivent comprendre les objectifs des mesures adoptées, leurs effets attendus et l'utilisation des recettes collectées.
M. Boutbig a également souligné que « le rôle des parlementaires ne doit pas s'arrêter à l'adoption des lois ». Les législateurs doivent également contrôler leur mise en œuvre, le recouvrement des recettes fiscales et les résultats obtenus sur le terrain. La lutte contre l'évasion fiscale et le commerce illicite doit faire partie du dispositif de surveillance. La transparence dans l'utilisation des ressources publiques constitue également un enjeu majeur.
Enfin, M. Boutbig a préconisé d'identifier les besoins spécifiques des Parlements africains, de faciliter l'assistance technique, d'améliorer la coordination entre les secteurs concernés et de procéder à une évaluation périodique des progrès réalisés. Le suivi régulier des réformes, du recouvrement des recettes et des résultats des politiques est essentiel pour garantir l'efficacité de la fiscalité sanitaire dans la lutte contre les maladies non transmissibles.
Key points
- Le Parlement africain appelle à la fiscalité sanitaire pour lutter contre les maladies non transmissibles.
- La fiscalité sanitaire doit tenir compte des réalités propres à chaque pays.
- Les parlementaires doivent contrôler la mise en œuvre des lois et la transparence dans l'utilisation des ressources publiques.