Le président kenyan, William Ruto, a confirmé que son pays est en discussion avec le groupe Dangote pour la construction d'un oléoduc de 800 kilomètres entre les champs pétroliers du Turkana et le port de Lamu, au Kenya. Ce projet s'inscrit dans le cadre de l'extension des activités du conglomérat nigérian dans les hydrocarbures. Le groupe Dangote cherche à sécuriser son brut pour sa raffinerie de Lekki, au Nigeria, qui traite actuellement 650 000 barils par jour.
La raffinerie de Lekki s'approvisionne désormais aux États-Unis, au Brésil et, depuis cet été, aux Émirats arabes unis, avec deux cargaisons d'environ 2 millions de barils achetées à ADNOC. Le groupe Dangote vise un objectif de 1,4 million de barils quotidiens d'ici 2028, et le dossier kényan prolonge cette recherche de sources de brut. Le tracé de l'oléoduc relierait le bassin de South Lokichar au port de Lamu, terminal du corridor LAPSSET.
Le brut du Turkana, découvert en mars 2012 par le britannique Tullow Oil, est de type paraffineux et doit être chauffé pour circuler, ce qui alourdit son transport. Les réserves récupérables sont estimées à 560 millions de barils, mais il n'a jamais donné lieu à une production commerciale. En août 2019, le Kenya a exporté un premier lot de 200 000 barils acheminés par camion jusqu'à Mombasa.
Le Trésor kényan a indiqué en mai que le projet Lokichar-Lamu, long d'environ 890 kilomètres, restait dans les plans, avec des terrains acquis dans six comtés. Cependant, aucun contrat de construction, financement définitif ou calendrier propre à l'oléoduc n'a été annoncé. Une raffinerie de 700 000 barils par jour est prévue à Lamu, avec une centrale au gaz naturel liquéfié de 1 000 mégawatts.
La première pierre de la raffinerie doit être posée le 30 septembre, pour une exploitation commerciale visée en 2030. Le complexe est évalué à 20 milliards de dollars et Engineers India Limited supervise la conception technique, tandis qu'Afreximbank participe au financement. Nairobi a provisionné 165 millions de dollars et propose aux États voisins jusqu'à 30 % du capital.
Le gouvernement kenyan estime que l'ensemble pourrait créer plus de 60 000 emplois. Cependant, des défenseurs de l'environnement de l'archipel, classé par l'UNESCO, se mobilisent contre l'implantation du site. Les champs de South Lokichar, dont un premier pétrole commercial est visé en décembre 2026, doivent atteindre 50 000 barils par jour à partir de 2032.
Cela représenterait environ 7 % des besoins de la raffinerie, et moins de 3 % au démarrage, autour de 20 000 barils quotidiens. Le conseiller économique de William Ruto, David Ndii, a estimé que l'Afrique de l'Est pourrait fournir plus de 600 000 barils par jour. La cérémonie de lancement du 30 septembre à Lamu pourrait apporter des précisions sur la place de l'oléoduc dans le projet.
Key points
- Le groupe Dangote est associé au projet de construction d'un oléoduc de 800km au Kenya.
- La raffinerie de Lekki, au Nigeria, traite actuellement 650 000 barils par jour.
- Le projet de construction de l'oléoduc et de la raffinerie à Lamu est évalué à 20 milliards de dollars.