Le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) se réunira le 30 septembre pour examiner le dossier de Madagascar. Le gouvernement malgache a présenté une demande de dérogation pour un critère de performance non respecté, qui pourrait avoir un impact sur le décaissement de fonds attendus par le pays. Cette procédure est prévue par les règles du FMI et permet au conseil d'administration de passer outre un critère non respecté si l'écart est jugé mineur ou temporaire.
La demande de dérogation est liée aux troisième et quatrième revues combinées de deux programmes : la Facilité élargie de crédit et la Facilité pour la résilience et la durabilité. Le FMI vérifie que le pays a tenu ses engagements chiffrés avant de verser la tranche suivante. Le dossier comprend également une demande de dérogation pour un critère de performance que Madagascar n'a pas respecté. Le montant en jeu est de 134,4 millions de droits de tirage spéciaux, soit environ 183 millions de dollars.
Le retard du dossier de trois mois est dû à la décision du gouvernement de suspendre le mécanisme d'ajustement automatique du prix du carburant en avril. Le gouvernement craignait d'aggraver l'inflation au moment où la guerre au Moyen-Orient faisait flamber le pétrole. Le FMI avait prévenu que cette pause réduisait les ressources de l'État et a demandé des précisions sur les mesures de compensation envisagées.
Le critère précis visé par la demande de dérogation n'a pas été rendu public, ni par le gouvernement ni par le FMI. Cependant, le ministre de l'Économie a affirmé en août que le pays avait rempli la quasi-totalité des critères, la réforme des prix du carburant restant le principal point en suspens. Le FMI a également noté en avril que les recettes fiscales étaient nettement en dessous des attentes.
Le gel des prix à la pompe a protégé les ménages d'une hausse brutale, mais a eu un coût pour le budget de l'État. Le mécanisme d'ajustement automatique a été rétabli en juillet, et la hausse de 200 ariary sur le super début septembre en est la première conséquence visible. Le gouvernement dispose désormais d'un argument concret à présenter le 30 septembre.
Si la dérogation est refusée, la revue ne serait pas achevée et le décaissement resterait bloqué. Le signal dépasserait le FMI, car ses revues servent de repère aux autres bailleurs. Pour un pays dont le besoin de financement dépasse de loin les recettes, ce repère compte autant que la somme elle-même.
Le décaissement attendu représente environ 790 milliards d'ariary, au cours actuel de 4 300 ariary pour un dollar. Le FMI a annoncé ce décaissement en avril, sous réserve de l'approbation du conseil. La décision du 30 septembre aura des implications importantes pour l'économie malgache.
Key points
- Le FMI examine la demande de dérogation de Madagascar le 30 septembre.
- Le montant en jeu est de 134,4 millions de droits de tirage spéciaux.
- Le critère précis visé par la demande de dérogation n'a pas été rendu public.