Le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle (CSCA) du Maroc a publié récemment une étude sur l'impact des réseaux sociaux sur la communication politique dans le pays. Selon l'étude, les réseaux sociaux ont transformé la communication politique au Maroc en offrant de nouveaux espaces d'expression, de mobilisation et de participation citoyenne. Cependant, ces plateformes posent également des risques liés à la désinformation, à la polarisation algorithmique et à l'influence opaque des plateformes numériques.

L'étude, réalisée par le groupe de travail "Régulation et médias numériques" du CSCA, présidé par Narjis Rerhaye, met en lumière les apports démocratiques des réseaux sociaux, mais également les menaces sur la qualité du débat public. Les réseaux sociaux sont considérés comme des places publiques où les citoyens peuvent s'exprimer et se mobiliser. Cependant, ces plateformes sont également des terrains fertiles pour la désinformation, la manipulation algorithmique et la polarisation politique.

Le CSCA plaide pour trois paradigmes pour réguler les réseaux sociaux : l'éducation et la culture numériques, la régulation des plateformes et le renforcement de la gouvernance numérique. Le Conseil recommande l'introduction des modules de citoyenneté numérique dès le collège et le lycée pour que les élèves apprennent à vérifier les sources, reconnaître les biais cognitifs et débattre de manière constructive.

Le CSCA exige également un devoir de transparence et de modération sur les plateformes, sur le modèle du Digital Services Act. Les plateformes doivent avoir l'obligation d'expliquer leurs mécanismes de sélection des contenus. Le Conseil propose également l'intégration numérique régionale à travers la promotion d'une coopération renforcée avec l'Afrique et la région MENA.

L'étude a examiné la présence numérique des partis politiques dans quatre réseaux sociaux, à savoir Facebook, X, YouTube et Tik Tok, ainsi que leurs sites web respectifs. Il ressort que Facebook se positionne comme étant un espace central d'échanges et de proximité citoyenne. Tik Tok s'impose comme un vecteur de visibilité virale auprès des jeunes générations.

Le CSCA a analysé 2651 publications postées sur les pages officielles de 12 partis représentés au Parlement sur Facebook, ainsi que 925 vidéos publiées sur les comptes de 6 partis utilisant Tik Tok. L'étude a également examiné 507 vidéos publiées sur YouTube. Les résultats de l'étude montrent que les réseaux sociaux sont des outils importants pour la communication politique au Maroc.

Le CSCA appelle à une régulation numérique des réseaux sociaux pour protéger la démocratie et la qualité du débat public. Le Conseil propose des pistes de réponses indispensables, notamment l'éducation au numérique, la régulation des plateformes et la diversification des sources d'information. La finalité étant d'établir des cadres réglementaires communs et de défendre la souveraineté numérique face aux géants du web.

Key points

  • Le CSCA plaide pour une régulation numérique des réseaux sociaux pour protéger la démocratie et la qualité du débat public.
  • Les réseaux sociaux ont transformé la communication politique au Maroc en offrant de nouveaux espaces d'expression, de mobilisation et de participation citoyenne.
  • Le CSCA propose des pistes de réponses indispensables, notamment l'éducation au numérique, la régulation des plateformes et la diversification des sources d'information.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.