Le Centre pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) a publié un communiqué le 3 octobre 2026, dans lequel il dénonce les conditions inhumaines dans les prisons tunisiennes. Selon l'ONG, la prison est devenue un lieu de négation organisée de la dignité humaine, notamment pour les détenus politiques, les journalistes, les avocats et les militants qui n'ont plus d'autre moyen pour être entendus que de mettre leur santé en jeu en observant une grève de la faim.

Le CRLDHT rappelle que de nombreux détenus politiques tunisiens observent actuellement ou ont observé récemment une grève de la faim pour dénoncer leurs conditions d’incarcération. Cette forme extrême de protestation est devenue, selon l'ONG, le dernier recours pour ceux à qui l'on a retiré tous les autres moyens de se faire entendre. Le CRLDHT cite notamment Ahmed Néjib Chebbi, président du Front de salut national, et Sahbi Atig, dirigeant du mouvement Ennahdha, qui prolongent les nombreuses grèves de la faim déjà observées en prison.

Le CRLDHT exige des autorités tunisiennes qu'elles prennent des mesures immédiates pour améliorer les conditions de détention. L'ONG demande le rétablissement immédiat des visites en directe entre les détenus et leurs familles, ainsi que la fin de toute restriction arbitraire de ce droit fondamental. Elle exige également l'accès effectif de tous les détenus à une information pluraliste, à la presse, aux radios, aux chaînes d’information et aux médias indépendants.

Le CRLDHT réclame également un suivi médical régulier, sérieux et indépendant pour tous les grévistes de la faim, ainsi qu’une information complète des familles et des avocats sur leur état de santé. L'ONG demande le respect absolu du droit des détenus à communiquer librement et confidentiellement avec leurs avocats et à disposer des moyens nécessaires à leur défense.

L'ONG dénonce également les pratiques destinées à épuiser, humilier ou briser les détenus, telles que l'isolement abusif, les mesures punitives et les privations administratives. Elle exige la fin de ces pratiques et l'accès sans entrave aux mécanismes indépendants de contrôle, notamment le Mécanisme national de prévention de la torture.

Le CRLDHT appelle les autorités tunisiennes à cesser de traiter la prison comme un instrument de vengeance politique et à protéger la vie et la dignité des détenus, qui est une obligation légale, constitutionnelle et conforme aux droits humains. L'ONG demande également la libération immédiate et inconditionnelle de toutes les personnes emprisonnées pour leurs opinions, leur droit à l’expression, leur activité politique pacifique, leur travail journalistique, leur défense des droits humains ou leur solidarité civique.

Parmi les détenus politiques ou d’opinion observant actuellement une grève de la faim, le CRLDHT cite également Jawher Ben Mbarek, dirigeant du collectif Citoyens contre le coup d’état, les journalistes Zied El Heni et Mourad Zeghidi, Rached Ghannouchi, président du mouvement Ennahdha, Ayachi Hammami, avocat, Abir Moussi, présidente du Parti destourien libre, Chawki Tabib, ancien bâtonnier, Wael Naouar, animateur de la flottille Soumoud, et ses camarades Ghassen Henchiri, Ghassen Boughdiri et Nabil Chennoufi.

Key points

  • Le CRLDHT dénonce les conditions inhumaines dans les prisons tunisiennes.
  • L'ONG exige des autorités tunisiennes qu'elles prennent des mesures immédiates pour améliorer les conditions de détention.
  • Le CRLDHT appelle les autorités tunisiennes à cesser de traiter la prison comme un instrument de vengeance politique.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.