Le Bureau guinéen du droit d'auteur (BGDA) a lancé une formation internationale de quatre jours à Conakry, avec des experts de la Confédération internationale des sociétés d'auteurs et compositeurs (CISAC) et l'appui de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Cette formation vise à renforcer les capacités du BGDA à identifier, suivre et rémunérer les œuvres guinéennes exploitées en Guinée et à l'étranger. Le directeur général du BGDA, Moussa Fofana, a présenté les enjeux de cette rencontre, qui réunit des experts internationaux et des acteurs guinéens du secteur.

La formation se concentre sur la mise en place d'outils internationaux permettant d'identifier les créateurs et leurs œuvres. Il s'agit notamment du code IPI, qui permet d'identifier les personnes physiques ou morales détenant des droits sur une œuvre, et du code ISWC, qui sert à identifier les œuvres musicales. Moussa Fofana a expliqué que chaque créateur doit avoir un numéro matricule qu'on appelle identifiant, qui est le code IPI. Il a souligné que l'absence de ces outils empêche actuellement le Bureau de retracer efficacement certaines œuvres guinéennes exploitées à l'étranger et de récupérer les revenus correspondants.

Le directeur général du BGDA a également souligné l'enjeu économique de cette formation. Lorsqu'une œuvre guinéenne est exploitée à l'étranger sans être correctement identifiée dans les systèmes internationaux, son créateur risque de ne pas percevoir l'intégralité des revenus qui lui reviennent. Il a évoqué le cas des artistes qui créent leurs comptes sur des plateformes étrangères, ce qui peut entraîner une "fuite de créations" et une "fuite de capitaux". Il a estimé que cette formation pourrait aider à réduire ces pertes et à permettre à la Guinée de mieux protéger ses créateurs.

La formation intervient après plusieurs semaines de travail préparatoire et de diagnostic avec l'appui d'experts internationaux. Moussa Fofana a annoncé que le système IPI est désormais déployé en Guinée et que 937 œuvres sont déjà enregistrées. WIPO Connect, une solution informatique développée par l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) pour faciliter la gestion collective du droit d'auteur et des droits voisins, est également en cours de déploiement au BGDA.

Pendant quatre jours, des experts internationaux vont accompagner les cadres du BGDA dans la maîtrise de ces nouveaux outils, avant l'organisation d'activités de sensibilisation et de formation destinées aux auteurs eux-mêmes. Parmi les experts annoncés figurent Ali Batchili, directeur du bureau sénégalais, Mitch, expert congolais en documentation et en répartition, ainsi qu'Amari Guissé, déjà engagé dans le diagnostic du BGDA depuis plusieurs semaines. Le directeur Afrique de la CISAC doit également prendre part aux travaux.

La formation se déroule à la Place Camayenne, du mardi 6 au vendredi 9 octobre 2026. Une journée particulière sera consacrée à la perception des droits et à la sensibilisation des médias. À travers cette initiative, le BGDA entend renforcer la capacité de la Guinée à identifier ses créateurs, à suivre l'exploitation de leurs œuvres et à récupérer les revenus générés sur les marchés national et international.

Pour Moussa Fofana, l'objectif est clair : permettre à la Guinée de mieux protéger ses créateurs et de limiter la fuite des œuvres et des capitaux vers l'étranger. Il a souligné que cette formation constitue une étape importante dans la volonté de la Guinée d'aligner sa gestion des droits d'auteur sur les standards internationaux et de lutter contre les importantes pertes de revenus liés à l'exploitation des créations guinéennes.

Key points

  • Le BGDA organise une formation internationale pour renforcer ses capacités à identifier et suivre les œuvres guinéennes exploitées en Guinée et à l'étranger.
  • La formation vise à mettre en place des outils internationaux permettant d'identifier les créateurs et leurs œuvres, tels que les codes IPI et ISWC.
  • L'objectif est de permettre à la Guinée de mieux protéger ses créateurs et de limiter la fuite des œuvres et des capitaux vers l'étranger.

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SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.