La Confédération des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a fait une déclaration conjointe à l'Assemblée générale des Nations Unies à New York. Les ministres des Affaires étrangères des trois pays ont présenté une doctrine diplomatique souverainiste, affirmant leur pleine légitimité et rejetant tout mécanisme de tutorat. Cette déclaration a été faite dans le cadre de la 81e session ordinaire de l'Assemblée générale.
La déclaration conjointe a été portée par le Ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Karamoko Jean-Marie Traoré, le Ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, et le Premier ministre du Niger, Ali Mahaman Lamine Zeine. Ils ont affirmé que leur cause est juste et que leur avenir leur appartient. Les trois pays ont également notifié leur retrait officiel du Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale.
Les représentants de la Confédération des États du Sahel ont dénoncé les ingérences extérieures et ont exprimé leur volonté d'instituer des dynamiques propres de gouvernance. Ils ont également fustigé les réseaux de déstabilisation à l'œuvre dans l'espace sahélo-saharien. Le Ministre Abdoulaye Diop a dénoncé les tactiques de guerre hybride subies par les populations et a pointé du doigt la responsabilité de parrains étrangers.
Le Premier ministre du Niger, Ali Mahaman Lamine Zeine, a qualifié la violence criminelle dans la sous-région d'"ingénierie cynique de recolonisation habillée des oripeaux de l'extrémisme". Il a rappelé que l'instabilité actuelle demeure la conséquence directe de choix géopolitiques imposés de l'extérieur, notamment les répercussions de l'intervention de l'OTAN en Libye en 2011.
Un événement parallèle a été organisé le 25 septembre 2026 sous le thème "Sécurité et développement au Sahel : cas de la Confédération des États du Sahel". Les ministres ont détaillé l'architecture de défense confédérale, marquée par le déploiement de la Force unifiée de 5000 hommes et la mise en place d'une Banque d'investissement commune. Plusieurs délégations ont exprimé des positions de soutien.
Sur le plan économique, la réappropriation des richesses naturelles est demeurée un axe central. Le Premier ministre du Niger a souligné la volonté ferme de rompre avec les déséquilibres historiques. La Confédération des États du Sahel confirme ainsi son ambition de mobiliser ses ressources minières, énergétiques et pétrolières pour la transformation locale et le financement endogène du développement.
En achevant leurs travaux à Manhattan, les émissaires du Sahel central ont réaffirmé leur engagement en faveur d'un multilatéralisme réorganisé, exigeant une gouvernance mondiale fondée sur le respect strict de la souveraineté, l'égalité entre les États et la non-ingérence. Le Mali va bientôt abriter une école des mines et pétrole.
Key points
- La Confédération des États du Sahel a présenté une doctrine diplomatique souverainiste à l'Assemblée générale des Nations Unies.
- Les trois pays ont notifié leur retrait officiel du Statut de Rome instituant la Cour pénale internationale.
- La Confédération des États du Sahel ambitionne de mobiliser ses ressources minières, énergétiques et pétrolières pour la transformation locale et le financement endogène du développement.