La Commission nationale des droits de l'homme (NHRC) de Maurice a organisé son premier symposium annuel sur les droits humains le 1er août 2026 en collaboration avec l'Université Middlesex de Maurice. L'événement a mis en lumière la nécessité d'impliquer les jeunes dans les processus de décision qui concernent leur avenir. Selon la NHRC, les jeunes ne devraient pas être considérés uniquement comme les bénéficiaires des politiques publiques, mais comme des acteurs à part entière de la société.

Les jeunes sont déjà des employés, des entrepreneurs, des consommateurs, des chercheurs et des innovateurs. Ils utilisent quotidiennement les plateformes numériques, l'intelligence artificielle et les nouvelles technologies. Cependant, leur avis est souvent sollicité alors que les grandes lignes d'une politique ont déjà été définies. La NHRC estime que la consultation ne constitue pas une véritable cocréation lorsque les décisions importantes ont déjà été prises.

La question de la participation des jeunes est particulièrement pertinente dans le domaine de l'intelligence artificielle. Les jeunes font partie des personnes qui utilisent le plus fréquemment les technologies numériques, mais ils seront également parmi celles qui vivront le plus longtemps avec les conséquences des décisions prises aujourd'hui. Ils peuvent donc apporter une expérience concrète lorsqu'il s'agit de réfléchir aux règles qui encadreront l'IA, les plateformes numériques ou les nouvelles technologies.

La NHRC propose que la participation des jeunes ne devrait pas s'arrêter à une réunion ou à une consultation ponctuelle. Elle pourrait intervenir à différentes étapes : définir les priorités, participer à la rédaction des politiques, suivre leur mise en œuvre et contribuer à leur évaluation. Cette approche pose une question simple : lorsqu'une décision concerne directement les jeunes, comment savoir si elle répond réellement à leurs besoins si ceux-ci n'ont pas participé à sa conception ?

Le principe de la participation des jeunes peut être appliqué à de nombreux domaines tels que l'éducation, l'emploi, l'environnement, le numérique, la santé, l'égalité ou encore le développement urbain. Les décisions prises aujourd'hui auront des conséquences pendant plusieurs décennies. Les jeunes ne sont donc pas uniquement ceux qui devront vivre avec ces décisions plus tard, ils font déjà partie de la société qui les prend aujourd'hui.

La question est également celle de la diversité des voix. Les jeunes ne constituent pas un groupe homogène. Les préoccupations d'un étudiant, d'un jeune entrepreneur, d'un apprenti, d'un jeune sans emploi ou d'un jeune vivant dans une région rurale peuvent être différentes. Faire participer la jeunesse implique donc aussi de chercher une représentation suffisamment large pour éviter que seules certaines voix soient entendues.

La NHRC insiste sur le fait que la participation des jeunes doit avoir un objectif concret. Demander l'avis des jeunes sans leur expliquer ce qui a été retenu, ce qui ne l'a pas été et pourquoi peut rapidement transformer la consultation en simple exercice symbolique. Le message porté par la NHRC est donc plus large qu'un simple appel à « écouter les jeunes ». Il s'agit de leur donner une place dans les processus de décision et de reconnaître qu'ils disposent déjà d'expériences et de connaissances utiles à la gouvernance.

Key points

  • La Commission nationale des droits de l'homme de Maurice souligne l'importance de la participation des jeunes aux décisions qui affectent leur avenir.
  • Les jeunes doivent être impliqués dans les processus de décision à différentes étapes pour garantir que leurs besoins soient pris en compte.
  • La participation des jeunes doit être concrète et suivie d'effets pour éviter de transformer la consultation en simple exercice symbolique.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.