La République démocratique du Congo se trouve au centre de la rivalité entre la Chine, l'Union européenne et les États-Unis. Selon Da Wei, professeur à l’Université Tsinghua, ces trois acteurs détermineront l’avenir du monde. La Chine et les États-Unis s’affrontent à travers des différends économiques, une compétition technologique et le risque d’un conflit géopolitique autour de Taïwan. L’Union européenne, bien que classée parmi les grandes puissances, voit son économie dépendre davantage de la Chine que des États-Unis.
Les exportations chinoises vers l’Europe sont dominées par les véhicules électriques, les panneaux photovoltaïques et les batteries au lithium. Les États-Unis restent cependant le premier marché d’exportation de l’Europe, représentant près de 20% de ses exportations en 2026. L'Union européenne ambitionne de devenir une puissance capable de façonner le XXIᵉ siècle. Dans ce contexte, les matières premières, les technologies et les chaînes d’approvisionnement deviennent des instruments de puissance.
L’Afrique, particulièrement la région des Grands Lacs, devient un espace stratégique pour l’Union européenne. La RDC se trouve ainsi au centre de la rivalité entre la Chine, l’Union européenne et les États-Unis. L’Union européenne cherche à préserver ses intérêts économiques et miniers historiques au Congo, mais aussi à sécuriser son accès aux ressources par l’accord conclu avec le Rwanda dans le cadre du programme Global Gateway, d’un montant de 935 millions de dollars.
La Chine est devenue la principale puissance minière en RDC, contrôlant environ 80% des activités minières et possédant des participations dans 15 des plus grandes mines de cuivre et de cobalt. Plus de 70% de ces minerais sont raffinés en Chine. Avant l’arrivée de la Chine, les mines congolaises étaient largement contrôlées par des entreprises occidentales. Entre 1994 et 1997, la guerre ayant conduit à la chute de Mobutu a ouvert la voie à plusieurs contrats miniers défavorables à la RDC.
À partir de 2007, la Chine s’est imposée avec l’accord Sicomines, fondé sur l’échange de minerais contre des infrastructures. Les entreprises chinoises ont obtenu l’accès au cuivre, au cobalt et à d’autres minerais autour de Kolwezi en échange d’investissements dans les infrastructures. En 2016, la vente de la mine de Tenke Fungurume par l’entreprise américaine Freeport-McMoRan a renforcé la présence chinoise en RDC.
Face à la domination chinoise et aux pillages attribués au Rwanda et à l’Ouganda, le président Félix Tshisekedi a engagé un partenariat stratégique avec les États-Unis autour du principe « minerais contre sécurité ». Pour Washington, l’accès aux minerais critiques congolais permet de réduire la dépendance américaine à l’égard de la Chine et de renforcer sa position dans la compétition technologique mondiale.
Pour la RDC, ce partenariat peut contribuer à la sécurité, à la stabilité et à la protection des chaînes d’approvisionnement. Mais il doit avant tout servir les intérêts congolais, à travers la valorisation locale des minerais, le respect de la souveraineté nationale et des retombées concrètes pour la population. Dans cette compétition entre grandes puissances, l’État congolais doit jouer un rôle central pour protéger les ressources nationales et défendre la souveraineté de la RDC.
Key points
- La RDC est un espace stratégique pour l'Union européenne, la Chine et les États-Unis.
- La Chine contrôle environ 80% des activités minières en RDC.
- Le président Félix Tshisekedi a engagé un partenariat stratégique avec les États-Unis.