L'opérateur culturel Yves Kambala a lancé mardi à Kinshasa un appel à la réhabilitation institutionnelle de l'héritage musical de Nicolas Kasanda, dit « Docteur Nico », à l'occasion du 41e anniversaire de la disparition de l'illustre guitariste.

Selon M. Kambala, l'absence de politique d'archives, l'exil du patrimoine de Nico et le faible intérêt accordé aux artistes disparus expliquent l'absence d'un fonds consacré à Docteur Nico. Cette situation trouve son origine dans l'absence d'une véritable politique de conservation des archives musicales sous le régime de Mobutu et après.

Les bandes de l'African Jazz, formation emblématique dont Nicolas Kasanda fut l'un des principaux guitaristes, seraient conservées à Bruxelles auprès de collectionneurs privés. Le patrimoine personnel de l'artiste, décédé à Bruxelles, est dispersé entre ses enfants et différents détenteurs en Europe.

M. Kambala a relevé l'existence d'un « comité de gestion des œuvres de Docteur Nico », dirigé par Ignace Mukendi, mais cette structure n'est pas institutionnalisée en RDC. Pour réhabiliter cet héritage, Yves Kambala propose un plan articulé autour de quatre axes : le rapatriement numérique des enregistrements de Nicolas Kasanda, la création d'une salle consacrée aux pères fondateurs de la musique congolaise au Musée national.

L'opérateur culturel préconise également l'enseignement de la technique guitaristique de Docteur Nico à l'Institut national des arts (INA) et l'attribution de son nom à des espaces et distinctions culturels. Il propose la création d'une salle intitulée « Les Pères fondateurs : Kallé-Nico-Franco-Tabu Ley », destinée à accueillir des instruments, photographies, partitions et autres pièces témoignant de cette période majeure de l'histoire musicale congolaise.

Sur le plan pédagogique, M. Kambala souhaite voir la technique de Docteur Nico intégrée à l'enseignement de l'INA comme une matière à part entière. Il propose également de baptiser une rue de Kinshasa et une salle de l'INA du nom de Docteur Nico, ainsi que l'institution d'un « Prix Docteur Nico », destiné à récompenser les meilleurs guitaristes solo lors des grandes manifestations musicales consacrées à la rumba.

Évoquant ce que Docteur Nico aurait pu penser de la rumba contemporaine, M. Kambala estime que le musicien aurait insisté sur l'importance de la mélodie et de l'ancrage traditionnel. La réhabilitation de Nicolas Kasanda doit dépasser le cadre de l'hommage pour devenir un véritable projet de conservation, d'enseignement et de transmission du patrimoine musical congolais.

Key points

  • La RDC est appelée à réhabiliter l'héritage musical de Docteur Nico au Musée national.
  • L'absence de politique d'archives et le faible intérêt accordé aux artistes disparus expliquent l'absence d'un fonds consacré à Docteur Nico.
  • Un plan de réhabilitation de l'héritage musical de Docteur Nico a été proposé, incluant le rapatriement numérique des enregistrements, la création d'une salle au Musée national et l'enseignement de sa technique guitaristique à l'INA.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.