Selon Pr Salah Mansour, médecin-chef du service de médecine interne du CHU Nedir Mohamed de Tizi Ouzou, la situation est alarmante. La progression galopante des cas de diabète de type 2 en Algérie a atteint une prévalence de 14,4% de la population âgée entre 18 et 69 ans, soit environ 4 millions de malades. Cette augmentation était prévisible, vu le manque d’activité physique devenu endémique et l’alimentation toujours trop riche en calories.

L'Algérie est l'un des pays les plus grands consommateurs d'hydrates de carbone et de sodas au monde, et le 5ème plus grand consommateur de sucre. Le mode de vie actuel aboutit inéluctablement au stockage excessif de graisses dans le corps, ce qui a comme conséquence directe l’obésité, ensuite le diabète de type 2 et ses complications. La population doit être sensibilisée sur ce risque et surtout sur la possibilité de l’éviter en adoptant une hygiène de vie plus saine.

Les pouvoirs publics doivent prendre conscience de ce problème de santé et mettre les moyens de prévention nécessaires. La prévention est économiquement beaucoup moins onéreuse que la facture de la prise en charge de la maladie et de ses complications. Il est indispensable de mettre en place des programmes de sensibilisation pour inciter la population à adopter une hygiène de vie plus saine, semblable à celle de nos aïeux, basée sur le régime méditerranéen.

Selon l'étude Baromètre lancée en 2013 par le ministère de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière, en collaboration avec les laboratoires Novo Nordisk, une prédisposition familiale est notée dans plus de 2/3 des cas de diabète. L'association à une hypertension artérielle et à des anomalies lipidiques est retrouvée respectivement dans 37,6% et 28,2% des cas. Les femmes sont plus atteintes par la maladie que les hommes, avec un sex-ratio de 0,61.

Parmi les patients diabétiques, un peu plus de 40% sont en surcharge pondérale, le quart est obèse et 11% présentent une obésité morbide. La femme est également plus obèse que l’homme. Seuls 35,5% des diabétiques ont un équilibre glycémique parfait, ce qui est insuffisant. Le suivi des patients n’est pas non plus réjouissant, seuls 40% avaient bénéficié d’un électrocardiogramme, 2/3 d’un examen ophtalmologique et la moitié de la recherche d’une atteinte rénale.

Pour améliorer la prise en charge des patients diabétiques, Pr Salah Mansour préconise la mise en œuvre de programmes de formation médicale continue obligatoire pour tous les intervenants dans la prise en charge des diabétiques, ainsi que des programmes d’éducation des patients eux-mêmes. Il est également indispensable de mettre à la disposition des professionnels de la santé les nouvelles thérapies qui dominent actuellement toutes les recommandations internationales.

La prise en charge des diabétiques nécessite une approche globale, impliquant les pouvoirs publics, les professionnels de la santé et les patients eux-mêmes. Il est essentiel de sensibiliser la population sur les risques du diabète et les moyens de prévention, et de mettre en place des programmes de prise en charge efficaces pour éviter les complications cardiovasculaires qui constituent un fardeau économique insurmontable.

Key points

  • La prévalence du diabète de type 2 en Algérie a atteint 14,4% de la population âgée de 18 à 69 ans.
  • Les pouvoirs publics doivent prendre conscience de ce problème de santé et mettre les moyens de prévention nécessaires.
  • La prévention est économiquement beaucoup moins onéreuse que la facture de la prise en charge de la maladie et de ses complications.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.