Le Musée national de Guinée a accueilli un panel sur la restitution des biens culturels détenus en France, dans le cadre de la Semaine nationale de l’indépendance. Le ministre de la culture, Moussa Moïse Sylla, et l’ambassadeur français chargé du patrimoine, Jean-Luc Martinez, ont discuté de l’instruction des requêtes officielles relatives au Coran de l’Almamy Samory Touré et des restes de l’Almamy Bocar Biro. L’événement a rassemblé des acteurs culturels, des enseignants-chercheurs et des descendants directs des grandes figures de la résistance anticoloniale.
Le ministre de la culture a souligné que le rapatriement de ces éléments était crucial pour la Guinée, car il s’agit d’un pan vital de son patrimoine national et de l’exigence sacrée d’un retour dans la dignité de ses ancêtres. Il a rappelé que la culture constitue désormais un pilier fondamental du programme Simandou 2040 et que la Guinée n’inscrit pas cette demande dans une dynamique de rancœur, ni dans des querelles belliqueuses héritées de la période coloniale.
Moussa Moïse Sylla a réclamé la fixation d’un calendrier clair et précis pour l’aboutissement de ces deux demandes, afin de se prémunir contre tout enlisement administratif. Il a salué les initiatives scientifiques menées avec Dr Safiatou Diallo du Centre d’Innovation et de Recherche pour le Développement pour la numérisation du patrimoine, la création future du Musée du livre et l’érection du mausolée de la Camayenne en Panthéon national.
Jean-Luc Martinez, ambassadeur en charge de la coopération internationale dans le domaine du patrimoine, a salué la rigueur de la démarche guinéenne et a déclaré que sa présence à Conakry visait à témoigner de l’engagement de la France à respecter sa parole. Il a ajouté que la Guinée pourrait devenir le premier pays à bénéficier simultanément des deux cadres législatifs français récemment promulgués, relatifs aux restes humains et aux biens culturels.
Le diplomate français a souligné la portée humaine de sa mission à Conakry, évoquant l’intensité des échanges et la présence émouvante des familles de martyrs. Il a assuré qu’il repartait vers la capitale française avec un message d’espoir pour rappeler à Paris combien l’attente est importante et a donné rendez-vous aux autorités guinéennes en avril 2027 pour sceller les étapes décisives du retour de ces trésors de l’histoire nationale.
La Guinée s’apprête à fêter le 68ᵉ anniversaire de son indépendance et le panel a été organisé pour marquer cet événement. Le débat a été considéré comme le symbole d’un dialogue refondé entre Conakry et Paris, tourné vers la réparation historique et la souveraineté culturelle. Le ministre de la culture a magnifié cette quête d’identité, soulignant que l’histoire ne s’efface pas mais qu’elle patiente.
Le rapatriement des restes de Bocar Biro Barry et du Coran de Samory Touré est considéré comme crucial pour la Guinée, car il permettra de réparer une amputation mémorielle et de permettre à la Guinée d’être enfin entière. Les autorités guinéennes attendent avec impatience la réponse de la France et espèrent que le calendrier demandé sera fixé rapidement.
Key points
- La Guinée demande à la France un calendrier précis pour le rapatriement des restes de Bocar Biro Barry et du Coran de Samory Touré.
- Le rapatriement de ces éléments est crucial pour la Guinée, car il s’agit d’un pan vital de son patrimoine national.
- La Guinée pourrait devenir le premier pays à bénéficier simultanément des deux cadres législatifs français récemment promulgués.