La Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée a interdit la diffusion de la chaîne de télévision France 24 sur tout le territoire national. Cette décision a été prise après que la chaîne ait qualifié le président guinéen Mamadi Doumbouya de "président putschiste" lors d'une émission diffusée le 15 septembre. La HAC avait d'abord adressé une mise en demeure à la chaîne, mais celle-ci n'a pas donné suite aux exigences du régulateur.
Selon le site guinéen Ledjely, la HAC a estimé que la qualification de "président putschiste" n'était plus justifiée depuis l'élection présidentielle du 28 décembre 2025 et la prestation de serment du président guinéen. La chaîne France 24 affirme avoir présenté des excuses le jour même de la mise en demeure, mais cela n'a pas empêché la HAC de prononcer l'interdiction de la chaîne le lendemain.
Le responsable d'un organisme public d'aide sociale, Lansana Diawara, a réagi à cette décision en affirmant que "la légitimité de la Guinée ne se commente pas depuis un plateau parisien". Il a ajouté que la Guinée est une nation souveraine avec un peuple libre et un président élu, et que le respect exigé par les autorités guinéennes n'est pas pour un seul homme, mais pour le choix souverain de plus de 17 millions et demi de Guinéens.
Cette décision de la HAC intervient dans un contexte de tensions entre les autorités guinéennes et les médias internationaux. Le site Afrik.com a relevé que cette interdiction de France 24 fait suite à une autre mesure prise par la HAC, qui a annoncé le retrait immédiat de l'accréditation journalistique de Mamadou Diawo Barry, correspondant de Jeune Afrique.
Jeune Afrique a réagi à cette décision en estimant que l'éviction de son correspondant "ne reposait sur aucune imputation précise susceptible d'étayer les accusations, aussi vagues que graves, censées la justifier". Le média panafricain a demandé à la HAC de reconsidérer cette décision arbitraire qui n'honore pas les principes de l'institution.
Les médias privés guinéens ont également subi les foudres de la HAC ces dernières années. En décembre 2023, la HAC avait demandé à Canal+ de suspendre la diffusion de plusieurs médias privés guinéens, dont Djoma TV et Djoma FM. Les autorités guinéennes ont également retiré les agréments de plusieurs médias privés, dont Espace FM, Espace TV, Sweet FM, Djoma FM, Djoma TV et FIM FM.
Depuis l'arrivée au pouvoir du général Doumbouya en Guinée, les principaux partis politiques ont été dissous, les manifestations sont interdites et réprimées, et de nombreux dissidents ont été arrêtés, condamnés, poussés à l'exil ou sont portés disparus. Les autorités guinéennes ont également restreint à plusieurs reprises l'accès à Internet et aux réseaux sociaux.
Key points
- La HAC a interdit la diffusion de France 24 pour avoir qualifié le président guinéen de "président putschiste".
- La décision de la HAC a été prise après que la chaîne ait refusé de se conformer à une mise en demeure.
- Les médias privés guinéens ont également subi des restrictions ces dernières années.