Le gouvernement guinéen et des émissaires de la diplomatie française se sont rencontrés à Conakry pour discuter de la restitution des biens culturels et des restes humains sacrés de la Guinée détenus par la France. Cette rencontre, qui a eu lieu au Musée national de Guinée, intervient au moment où le pays célèbre sa Semaine nationale de l'indépendance. Les deux parties veulent régler ces dossiers emblématiques au plus tard dans un délai de six mois.
Le ministre guinéen de la Culture, du Tourisme et de l'Artisanat a réitéré avec fermeté et solennité les exigences de restitution de la Guinée. Il s'agit notamment des biens de l'Almamy Samory Touré, le forgeron de l'Empire du Wassoulou, et des restes humains de l'Almamy Bocar Biro et de ses compagnons tombés en martyrs à Porédaka. Le ministre a souligné que ces demandes ne s'inscrivent ni dans la rancœur, ni dans le ressentiment colonial, mais dans une dynamique de co-construction et de justice historique.
Le ministre a précisé que ces demandes sont la traduction directe de la vision du Président de la République, Chef de l'État, qui a compris que l'acier et le béton ne suffisent pas à eux seuls à bâtir une nation. La culture a été érigée en pilier central du programme Simandou 2040. Le ministre a également rappelé que les relations fraternelles entre les présidents Mamadi Doumbouya et Emmanuel Macron, ainsi que les engagements de la France en matière de restitution du patrimoine africain, sont des éléments clés pour régler ces dossiers.
Du côté de la France, l'ambassadeur chargé de la coopération internationale dans le domaine du patrimoine a rappelé que cette démarche des autorités guinéennes n'est pas une première. Il a indiqué qu'une première demande avait déjà été faite dans les années 60, sans suite favorable. Mais aujourd'hui, la France est engagée à répondre aux demandes du gouvernement guinéen. Deux lois ont été votées en 2023 et en 2026 pour faciliter la restitution des biens culturels et des restes humains.
L'ambassadeur français a annoncé la mise en place d'une commission bilatérale qui va se pencher sur la restitution des biens culturels. Cette commission rédigera un rapport de recommandations après avoir travaillé avec les chercheurs guinéens et les institutions françaises où sont conservés ces objets. L'ambassadeur espère que d'ici six mois, ces dossiers seront instruits et réglés.
La Guinée espère avoir gain de cause dans les prochains mois, notamment avant le premier trimestre de 2027. Les procédures sont régies par deux lois différentes, et d'autres pays comme l'Algérie et Madagascar ont déjà bénéficié de la restitution de leurs restes humains. La France cherche à travailler avec les chercheurs guinéens pour approfondir l'histoire des collections et prendre une décision finale sur la restitution des biens culturels.
Les deux parties sont optimistes quant à la résolution de ces dossiers dans les prochains mois. La restitution des restes de Bocar Biro et des biens de Samory Touré est considérée comme une étape importante pour la Guinée, car elle permettra de réparer une amputation mémorielle et de permettre à la Guinée d'être enfin entière.
Key points
- La Guinée et la France veulent régler les dossiers de la restitution des biens culturels et des restes humains sacrés de la Guinée détenus par la France dans un délai de six mois.
- Les deux parties sont engagées à travailler ensemble pour faciliter la restitution des biens culturels et des restes humains.
- La restitution des restes de Bocar Biro et des biens de Samory Touré est considérée comme une étape importante pour la Guinée.