La 20e édition de la Fête de la figue sèche, également appelée "thazarth", s'est récemment tenue à Béni Maâouche, dans la wilaya de Béjaïa. Cet événement, qui célèbre un patrimoine ancestral et les fruits d'une labellisation réussie, a rassemblé 310 exposants, dont 114 entièrement dédiés à la figue. La manifestation a été soutenue par plusieurs organisations locales, dont la Direction des services agricoles, la Chambre d'agriculture de wilaya et l'Association des figuiculteurs de la commune de Béni Maâouche.

La filière de la figue de Béni Maâouche est confrontée à de lourdes menaces, selon Mohamed Sahki, un figuiculteur engagé dans la filière depuis 1985. Les prix de la figue sèche, oscillant entre 2 000 et 3 500 DA le kilogramme, sont certes rémunérateurs, mais leur impact sur le développement global de la wilaya de Béjaïa demeure marginal. La région, qui produisait jadis 30 000 tonnes de figues, fait aujourd'hui face à un net essoufflement, avec une superficie stagnante à environ 10 300 hectares abritant un peu plus d'un million d'arbres.

Les difficultés auxquelles est confrontée la filière de la figue de Béni Maâouche sont multiples. La sécheresse, les incendies récurrents, les maladies qui ont décimé une large partie du verger au cours de la dernière décennie, le vieillissement des arbres, ainsi que l'absence d'un plan de développement audacieux face à une demande en forte hausse, sont autant de facteurs qui menacent l'avenir de la filière. Pour espérer pérenniser la dynamique, les experts et chercheurs ont posé un diagnostic sans appel : la wilaya de Béjaïa doit impérativement porter ses surfaces plantées à au moins 50 000 hectares.

Lors de la manifestation, Mohamed Sahki a solennellement sollicité l'appui des autorités et plaidé pour l'acquisition de tracteurs à chenilles et de paires de bœufs, indispensables pour labourer les parcelles accidentées et enclavées, ainsi que pour la formation de jeunes agriculteurs. L'inspecteur général de la wilaya a réaffirmé l'appui de l'État aux agriculteurs, assurant que "les portes leur sont toujours ouvertes".

La 20e édition de la Fête de la figue sèche a également été marquée par la présence de plusieurs produits du terroir, tels que le miel, l'huile d'olive, les pâtes fait maison, le couscous artisanal, les produits agricoles séchés et frais, ainsi que les produits artisanaux de qualité. La manifestation a confirmé son ancrage local fort, avec le soutien de plusieurs organisations locales.

La labellisation de la figue de Béni Maâouche a structuré les producteurs et valorisé le produit à l'échelle nationale et internationale. Cependant, la filière reste sous haute tension, en raison des difficultés auxquelles elle est confrontée. Les acteurs de la filière espèrent que les autorités prendront des mesures pour soutenir la production et protéger le verger de la région.

La Fête de la figue sèche est un rendez-vous incontournable de la vallée de la Soummam, qui célèbre un patrimoine ancestral et les fruits d'une labellisation réussie. Pour que cet événement continue de faire la fierté de la vallée de la Soummam et de l'Algérie, l'heure n'est plus aux constats, mais à une action stratégique pour protéger et étendre le verger de la région.

Key points

  • La filière de la figue de Béni Maâouche est confrontée à de lourdes menaces, notamment la sécheresse, les incendies récurrents et le vieillissement des arbres.
  • Les experts et chercheurs estiment que la wilaya de Béjaïa doit impérativement porter ses surfaces plantées à au moins 50 000 hectares pour espérer pérenniser la dynamique.
  • La 20e édition de la Fête de la figue sèche a rassemblé 310 exposants et a confirmé son ancrage local fort.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.