La culture du coton en Ituri, dans la plaine du lac Albert, est confrontée à de nombreuses difficultés. Autrefois l'un des moteurs de l'économie locale, cette activité a connu un déclin ces dernières années. La production a baissé, notamment dans la région de Mahagi, et les producteurs font face à plusieurs obstacles pour écouler leurs récoltes. Selon Pacifique Keta, un opérateur économique et ancien vice-gouverneur de l'Ituri, la situation s'est dégradée en raison des problèmes rencontrés par la société Sotexki.

La Sotexki, une unité de transformation de coton, a contribué au déclin de la filière en raison de ses difficultés. La concurrence des tissus chinois a également affecté la compétitivité du coton produit localement. Pacifique Keta souligne que la population continue à produire du coton, mais la production a baissé en raison de ces difficultés. Les producteurs locaux sont également confrontés à des problèmes d'infrastructures, notamment des routes dégradées qui rendent difficile l'évacuation des récoltes.

Malgré ces difficultés, des habitants continuent de cultiver le coton. Cependant, faute de débouchés suffisamment structurés, une partie de cette production prend la direction de l'Ouganda. Pacifique Keta dénonce les circuits informels utilisés pour faire traverser la production à la frontière. Selon lui, cela se fait souvent de manière frauduleuse, sans que l'État ni la population ne puissent en bénéficier.

Pour Pacifique Keta, la relance du coton en Ituri nécessite une intervention sur plusieurs fronts. Il plaide notamment pour la réhabilitation des infrastructures, l'accompagnement des producteurs et la reprise de l'industrie textile. L'amélioration des routes permettrait de faciliter l'évacuation des récoltes, tandis qu'un meilleur encadrement des producteurs pourrait contribuer à redynamiser la production.

La reprise des activités de transformation constitue également un élément important pour recréer des débouchés pour le coton produit localement. Pacifique Keta établit également un lien entre les possibilités de revenus offertes à la population et la réduction de la violence dans la région. Selon lui, lorsque la population a une activité qui peut lui procurer des revenus, il y a moins de violence dans la région.

À l'occasion de la Journée mondiale du coton, célébrée le 7 octobre, l'enjeu en Ituri est de remettre sur pied une filière autrefois créatrice d'activité économique dans la plaine du lac Albert. Pour y parvenir, la réhabilitation des infrastructures, l'encadrement des producteurs, l'amélioration de l'écoulement des récoltes et la relance de la transformation apparaissent comme les principaux défis à relever.

Key points

  • La culture du coton en Ituri est confrontée à des difficultés telles que la baisse de production, les difficultés d'écoulement et le manque d'infrastructures.
  • La relance du coton en Ituri nécessite une intervention sur plusieurs fronts, notamment la réhabilitation des infrastructures, l'accompagnement des producteurs et la reprise de l'industrie textile.
  • La reprise des activités de transformation est essentielle pour recréer des débouchés pour le coton produit localement.

Share this story

Written by

SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.