La procureure adjointe de la Cour pénale internationale (CPI), Nazhat Shameem Khan, a déclaré que l'institution avait pris des mesures pour se protéger contre les effets d'éventuelles sanctions américaines. Selon elle, la CPI a remplacé ses logiciels de bureautique Microsoft par openDesk, une solution allemande, et a pris des dispositions pour limiter d'éventuelles perturbations de ses opérations bancaires, de la couverture santé de son personnel et du versement des salaires.
Les États-Unis ont déjà sanctionné 13 responsables de la CPI, dont neuf des 18 juges de la Cour, limitant l'accès de certains d'entre eux à des cartes de crédit américaines et à d'autres services. La procureure adjointe a indiqué que des responsables de la CPI avaient entendu des rumeurs concernant de nouvelles mesures, sans avoir reçu de notification officielle. Ces préparatifs restent en cours, a-t-elle précisé.
La menace de nouvelles sanctions intervient dans un contexte de critiques renouvelées du président américain Donald Trump contre la CPI. Lors de son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, il a appelé les États membres à quitter la Cour. Les critiques de Washington se sont intensifiées après la délivrance, en 2024, de mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour des crimes de guerre présumés à Gaza.
Ni les États-Unis ni Israël ne sont membres de la CPI, mais la Cour fonde sa compétence dans cette affaire sur l'adhésion de la Palestine. La CPI a déjà été critiquée par les États-Unis pour ses enquêtes sur des citoyens américains et des alliés des États-Unis. Les sanctions américaines ont suscité l'inquiétude de nombreux défenseurs des droits de l'homme et d'organisations internationales.
La procureure adjointe de la CPI a souligné que l'institution était déterminée à poursuivre ses activités malgré les menaces. Elle a rappelé que la CPI était une institution indépendante et que ses activités ne seraient pas influencées par les pressions extérieures. Les États membres de la CPI se sont engagés à soutenir l'institution et à garantir son indépendance.
Les critiques de la CPI par les États-Unis ont également suscité des réactions de la part d'autres pays et d'organisations internationales. L'Union européenne a exprimé son soutien à la CPI et a condamné les sanctions américaines. De nombreux pays ont également exprimé leur inquiétude quant aux conséquences des sanctions sur la justice internationale.
La CPI continue de jouer un rôle crucial dans la lutte contre l'impunité pour les crimes internationaux. Malgré les menaces et les critiques, l'institution reste déterminée à poursuivre ses activités et à tenir les auteurs de crimes internationaux responsables de leurs actes. Les États membres de la CPI doivent continuer à soutenir l'institution et à garantir son indépendance.
Key points
- La CPI prend des mesures pour se protéger contre les effets d'éventuelles sanctions américaines.
- Les États-Unis ont déjà sanctionné 13 responsables de la CPI.
- La CPI continue de jouer un rôle crucial dans la lutte contre l'impunité pour les crimes internationaux.