La Coalition Article 64 (C64), une plateforme de l'opposition en République démocratique du Congo, tiendra un congrès inédit à Rome, en Italie. Les cinq leaders de la coalition, Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Delly Sesanga et Augustin Matata Ponyo, se retrouveront pour la première fois en présentiel depuis la création de la plateforme. Ils devront y dessiner une ligne commune face à la situation politico-sécuritaire de plus en plus inquiétante en RDC.
Le congrès de Rome, annoncé pour fin octobre, abordera plusieurs dossiers brûlants, notamment l'urgence d'un dialogue national, l'agression rwandaise, le rejet catégorique de tout changement de la Constitution, la répression des manifestations et la mort de Manassé. La question du Front pour la refondation de la nation (FRN) de Joseph Kabila sera également sur la table, même si les leaders ne feront pas une fixation sur la désignation de l'ancien président à la tête de ce mouvement rebelle.
Après Rome, le périple des leaders de la C64 devrait se poursuivre à Bruxelles, puis à Paris, avant de s'achever à Genève. Cet itinéraire européen reflète l'ambition de la C64 de sensibiliser la communauté internationale à la situation en RDC. Pendant ce temps, le régime de Kinshasa attend des réponses claires sur la place que la C64 envisage réserver à Joseph Kabila, désormais à la tête du FRN.
Une rumeur enfle sur les réseaux sociaux selon laquelle Martin Fayulu aurait claqué la porte de la C64, furieux contre ses pairs sur la question de Joseph Kabila. Cependant, une source au sein de la plateforme dément catégoriquement cette information, affirmant que Martin Fayulu reste membre de la C64 et ne prévoit pas de tourner le dos à ses compagnons de lutte.
Avant de se rendre à Rome, trois des cinq leaders de la C64 ont dû franchir un obstacle inattendu : la peur de ne pas pouvoir quitter le territoire. Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga se sont rendus au siège de la représentation de l'Union européenne à Kinshasa pour solliciter des garanties de sécurité, craignant pour leur intégrité physique à l'approche de leur déplacement.
Le gouvernement de Kinshasa a invité les opposants à clarifier leur position face à l'exigence de la participation de Joseph Kabila aux assises, alors qu'il est à la tête d'une rébellion. Cette mise en demeure place la C64 devant un dilemme cornélien : maintenir une ligne d'ouverture envers Kabila, au risque de se faire taxer de complicité avec une rébellion, ou rompre clairement avec lui, au risque de fracturer davantage une coalition déjà fragile.
La rencontre de Rome devra permettre aux cinq leaders d'harmoniser leurs positions sur la suite à donner à leurs actions de terrain, notamment pour s'opposer au changement de la Constitution, défendu bec et ongles par l'Union sacrée de la nation. À l'issue des travaux, une déclaration commune pourrait être faite. Les leaders de la C64 devront prendre des décisions cruciales pour l'avenir de la coalition et de la RDC.
Key points
- La Coalition Article 64 se réunit à Rome pour une ligne commune face à la situation politico-sécuritaire en RDC.
- Les cinq leaders de la coalition aborderont plusieurs dossiers brûlants, notamment l'urgence d'un dialogue national et le rejet catégorique de tout changement de la Constitution.
- La question du Front pour la refondation de la nation de Joseph Kabila sera également sur la table.