Le 29 octobre 2026, à l'Université pédagogique nationale (UPN) de Kinshasa, la Banque mondiale a présenté son rapport sur la situation économique de la République démocratique du Congo, édition d'octobre 2026. Intitulé "Le chaînon manquant : de la croissance des entreprises à la création d'emplois", ce rapport a été présenté par Albert G. Zeufack, directeur pays de la Banque mondiale pour l'Angola, le Burundi, la RDC et Sao Tomé-et-Principe. La cérémonie s'est déroulée en présence de la rectrice de l'UPN, la professeure ordinaire Yvonne Ibebeke Bomangwa Saila, et de Justin Kalumba Mwana Ngongo, ministre d'État, ministre de l'Industrie ad intérim et ministre de l'Entrepreneuriat et du Développement des petites et moyennes entreprises.
Selon Albert G. Zeufack, la Banque mondiale est avant tout une institution de savoir qui génère des connaissances dans le domaine du développement. Elle produit des analyses pointues qui permettent de donner des conseils ancrés sur les données et sur un travail analytique de qualité. Le directeur pays de la Banque mondiale a rappelé le rôle de son institution dans la production des connaissances et l'accompagnement des politiques de développement. Il a souligné que la Banque mondiale est une banque du savoir qui finance des projets de développement ancrés sur cette connaissance produite par des équipes de chercheurs.
La situation macroéconomique de la RDC a été présentée par Albert G. Zeufack, qui a relevé que le pays dispose de fondamentaux macroéconomiques plus solides qu'il y a quelques années. La RDC connaît une inflation faible et en recul, un taux de change relativement stable et un déficit du compte courant couvert. Cependant, il a souligné le ralentissement de la croissance réelle du produit intérieur brut (PIB) depuis 2022. Après avoir atteint un pic de 9,3 % en 2022, la croissance est passée à 5,7 % en 2025 et devrait s'établir autour de 5,4 % en 2026.
Le nombre absolu de personnes pauvres en RDC a augmenté d'environ 15 millions, en raison notamment d'une croissance qui ne génère pas suffisamment d'emplois. Malgré une légère baisse du taux de pauvreté, la RDC doit répondre aux besoins d'une population jeune et en forte croissance. Selon Albert G. Zeufack, la croissance congolaise, bien que réelle, crée trop peu d'emplois productifs. Il a expliqué que la problématique de la création d'emplois est examinée dans le rapport, qui cherche à savoir pourquoi la croissance congolaise ne génère pas suffisamment d'emplois.
Le rapport de la Banque mondiale identifie les principaux obstacles qui empêchent les entreprises de grandir et de créer davantage d'emplois. Parmi ces obstacles figurent les lourdeurs et tracasseries administratives, l'accès limité au financement ainsi qu'un environnement encore peu favorable à l'initiative privée. Le rapport met en avant la possibilité de lever ces contraintes à travers des réformes ciblées et coordonnées. Celles-ci pourraient permettre aux entreprises existantes d'investir, de se développer et de créer davantage d'emplois formels.
Albert G. Zeufack a souligné que les réformes ciblées et bien coordonnées peuvent aider les entreprises existantes à investir, à se développer et à créer davantage d'emplois formels. Il a rappelé que l'action publique peut réellement faire la différence et que le chaînon manquant n'est pas une fatalité. Le directeur pays de la Banque mondiale a présenté les grandes orientations du prochain Cadre de partenariat pays entre la RDC et la Banque mondiale, actuellement en préparation avec le gouvernement, le secteur privé et la société civile.
Le prochain Cadre de partenariat pays entre la RDC et la Banque mondiale couvrira une période de dix ans et reposera sur trois axes géographiques. Le premier est le corridor d'Inga, qui relie le port en eau profonde de Banana à Inga, puis à Kinshasa. Le deuxième est le corridor de Lobito, qui part de la frontière angolaise de Dilolo, passe par Kolwezi et Lubumbashi et rejoint la frontière zambienne à Sakania. Le troisième est le corridor Centre-Est, également appelé "corridor de la paix", qui relie Mbuji-Mayi à Bukavu.
Key points
- Les réformes ciblées et bien coordonnées peuvent aider les entreprises à créer davantage d'emplois formels.
- La croissance des entreprises est essentielle pour la création d'emplois en RDC.
- La Banque mondiale présente son rapport sur la situation économique de la RDC.