La Banque africaine de développement (BAD) a récemment publié son rapport pays sur le Maroc, intitulé « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement du Maroc dans un monde fragmenté ». Ce document met en lumière une amélioration de la situation économique du Royaume en 2025, avec une croissance de 4,9 %, un déficit budgétaire réduit à 3,5 % du PIB et une inflation limitée à 0,8 %.

Selon le rapport, le cadre macroéconomique du Maroc s'est amélioré en 2025, porté par l'investissement, les activités non-agricoles et le redressement de l'agriculture. La réduction du déficit budgétaire est liée à la vigueur des recettes fiscales et non fiscales. Cependant, les perspectives sont sujettes à des risques baissiers liés aux crises géopolitiques, à la perturbation du commerce mondial et aux aléas climatiques.

La BAD souligne que le Maroc doit mobiliser près de 14,9 milliards de dollars par an d'ici 2030 pour financer sa transformation structurelle. Pour répondre à ces besoins, la banque recommande de renforcer les ressources internes, d'approfondir les marchés financiers, de développer les fintechs et les partenariats public-privé, ainsi que d'améliorer l'inclusion financière.

Le rapport met en avant l'importance de l'exploitation du potentiel offert par les partenariats public-privé pour financer les infrastructures. Il souligne également que la mobilisation du financement à grande échelle nécessite une réforme du système financier marocain, qui reste fragmenté et dominé par le secteur bancaire.

La BAD recommande de renforcer et de consolider les systèmes financiers marocains pour améliorer la souveraineté économique et l'attractivité. À court terme, il s'agit de consolider la stabilité financière et d'améliorer l'efficacité des dispositifs existants. La maîtrise des engagements contingents liés aux garanties de l'État impose une rationalisation progressive des entreprises et établissements publics.

À moyen terme, l'approfondissement du marché financier et la consolidation de la gouvernance institutionnelle structurent la trajectoire de résilience. La diversification de la base des émetteurs, notamment par le recours aux obligations d'infrastructure, mobiliserait des ressources stables sans alourdir la dette souveraine.

La BAD explique qu'à long terme, le Maroc gagnerait à renforcer son rôle dans l'intégration financière africaine. La convergence normative des cadres réglementaires attirerait de nouveaux investisseurs institutionnels et consoliderait le positionnement de Casablanca Finance City comme hub financier africain de référence.

Key points

  • La BAD recommande de renforcer les ressources internes, d'approfondir les marchés financiers et de développer les fintechs pour financer la transformation structurelle du Maroc.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.