L'UNESCO a publié son rapport annuel sur les journalistes tués, à l'occasion de la Journée internationale de la fin de l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée le 2 novembre. Selon l'Observatoire des journalistes tués de l'UNESCO, plus de 1 700 journalistes ont été tués dans le monde entre 2006 et 2024. Cette date a été choisie en mémoire des deux journalistes français assassinés au Mali le 2 novembre 2013.

Dans son dernier rapport, intitulé Les menaces évoluent. L’impunité perdure, l’UNESCO souligne que les attaques et le harcèlement contre les journalistes demeurent largement impunis, en Afrique comme ailleurs dans le monde. L'organisation précise que cette impunité nuit aux sociétés dans leur ensemble, car elle favorise la dissimulation de graves violations des droits humains, d’actes de corruption et de faits criminels.

Le Moyen-Orient reste, de loin, la région la plus dangereuse au monde pour les journalistes. Selon l’UNESCO, 97 d’entre eux y ont été tués ces deux dernières années, dont beaucoup dans le contexte de la guerre à Gaza. L'UNESCO cite également l'Ukraine, la Somalie et le Soudan parmi les pays les plus meurtriers pour les journalistes au cours des trois dernières années.

Pour l’année en cours, Reporters sans frontières (RSF) a enregistré le décès de deux journalistes en Afrique : un en Ouganda et l’autre en Somalie. Les journalistes locaux sont particulièrement vulnérables aux risques présents sur le terrain, notamment dans les zones de conflit où ils sont fréquemment les seuls en mesure de rapporter les actes de violence.

L’usage des drones sur les champs de bataille a également modifié la situation ces dernières années. Ces dispositifs auraient été responsables de la mort de 50 journalistes en 2024 et 2025 dans six régions en conflit. Les journalistes locaux représentent 90 % des journalistes touchés dans les zones de conflit.

L'UNESCO alerte sur l'impunité croissante pour les crimes commis contre les journalistes. Selon l'organisation, il est essentiel de lutter contre cette impunité pour protéger les journalistes et garantir la liberté d'expression. Le constat dressé par l'UNESCO est inquiétant : dans neuf cas sur dix, les assassinats de journalistes n’ont donné lieu à aucune condamnation judiciaire.

L'UNESCO et les organisations de défense des droits des journalistes, comme Reporters sans frontières, travaillent ensemble pour sensibiliser les gouvernements et les sociétés à l'importance de protéger les journalistes.

Key points

  • Plus de 1 700 journalistes ont été tués entre 2006 et 2024.
  • Le Moyen-Orient est la région la plus dangereuse au monde pour les journalistes.
  • L'usage des drones a modifié la situation ces dernières années.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.