L'Éthiopie a publié un communiqué le 5 octobre 2026, signé par le ministère des Affaires étrangères, dans lequel elle affirme que ni les pressions ni les manœuvres de déstabilisation ne changeront sa position sur le Nil Bleu et en mer Rouge. Le communiqué, relayé par l'agence Fana, ne mentionne aucun pays en particulier, malgré les tensions accumulées avec plusieurs voisins. L'Éthiopie y rappelle qu'elle est la source de la rivière Abay, communément appelée Nil Bleu.

Le communiqué précise que la quasi-totalité du Nil Bleu prend naissance sur les hauts plateaux éthiopiens, et que l'Abay apporte environ 85 % du débit total du Nil. L'Éthiopie considère que toute discussion sur l'utilisation et la gestion de l'Abay doit tenir compte de ces réalités fondamentales. Le pays déplace ensuite le débat vers la côte, car il n'a plus d'accès direct à la mer depuis des décennies, mais affirme que sa connexion à la mer Rouge reste intacte.

Selon l'Éthiopie, la mer Rouge est un espace maritime auquel elle est liée à la fois géographiquement et historiquement. Malgré l'évolution des frontières politiques au fil du temps, l'Éthiopie reste étroitement connectée à la mer Rouge, sa frontière la plus proche se situant à peine à 30 miles de la côte. L'Éthiopie estime que toute discussion sérieuse sur les affaires maritimes régionales et l'architecture de sécurité doit tenir compte de ses intérêts légitimes.

Le communiqué de l'Éthiopie contient également un passage offensif, sans qu'un destinataire précis soit cité. L'Éthiopie y affirme que ces réalités géographiques et historiques ne sauraient être modifiées par la rhétorique politique, les mesures coercitives ou les actes de déstabilisation. Les actions menées par procuration ou les actes d'agression ne changeront pas les faits sur le terrain et ne diminueront pas les intérêts légitimes, le rôle et les responsabilités de l'Éthiopie dans la région.

Le communiqué se termine sur une double posture, entre main tendue et mise en garde. L'Éthiopie continue de privilégier l'engagement pacifique, le respect mutuel et la coopération régionale. Elle se tient prête à défendre sa souveraineté, son intégrité territoriale et ses intérêts nationaux essentiels, tout en exhortant l'ensemble des acteurs régionaux à traiter les défis communs par le dialogue constructif et le partenariat.

Plusieurs dossiers en cours laissent peu de doute sur les destinataires du message de l'Éthiopie. L'Éthiopie reste en conflit avec l'Égypte autour du barrage de la Renaissance, et les deux pays viennent de s'expulser mutuellement un diplomate. Addis-Abeba accuse Le Caire, l'Érythrée et le Soudan de soutenir une alliance d'opposition menée par le TPLF, ce que les trois capitales démentent.

La Somalie avait rejeté en 2024 le mémorandum conclu entre l'Éthiopie et le Somaliland pour obtenir un accès à la mer. Ce dossier pèse lourd pour un pays de plus de 120 millions d'habitants, enclavé depuis l'indépendance de l'Érythrée en 1993. L'Éthiopie cherche à défendre ses intérêts dans la région, tout en maintenant une posture de dialogue et de coopération.

Key points

  • L'Éthiopie met en garde ses voisins sur l'utilisation du Nil Bleu et son accès à la mer Rouge.
  • Le communiqué de l'Éthiopie ne mentionne aucun pays en particulier, malgré les tensions accumulées avec plusieurs voisins.
  • L'Éthiopie cherche à défendre ses intérêts dans la région, tout en maintenant une posture de dialogue et de coopération.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.