L'amiral italien Giuseppe Cavo Dragone, président du Comité militaire de l'OTAN, a annoncé que l'Alliance a élaboré des plans militaires de près de 4 000 pages en cas d'escalade russe. Cette déclaration a été faite à l'issue d'une réunion des chefs d'état-major des 32 pays membres à Copenhague, le 19 septembre. Ces plans prévoient des réponses graduées à différents niveaux de crise.
Selon des informations rapportées par Politico, ces documents classifiés couvrent tous les niveaux de crise, d'un incident frontalier localisé jusqu'à une incursion militaire de grande ampleur. Ils prolongent trois plans régionaux de défense adoptés au sommet de Vilnius en 2023, qui attribuent des forces, délimitent des secteurs à défendre et tracent des routes de renfort. Le contenu exact de ces plans n'a pas été rendu public.
Depuis 2022, l'OTAN a doublé ses groupements tactiques sur le flanc oriental, passés de quatre à huit avec l'ajout de ceux de la Bulgarie, de la Hongrie, de la Roumanie et de la Slovaquie. L'amiral Dragone a résumé l'état de préparation de l'Alliance en déclarant : « L'Alliance est prête, la structure est prête, les soldats et les armes sont prêts. »
L'amiral Dragone a estimé que les actions récentes de Moscou cherchent à éprouver la détermination des alliés et à fragiliser leur confiance mutuelle, sans y parvenir. Il a ajouté que l'OTAN continue d'accroître ses effectifs et ses équipements et que les alliés savent comment réagir en cas d'attaque. Les plans militaires de l'OTAN visent à couvrir le scénario d'une escalade russe.
Le Premier ministre polonais Donald Tusk avait averti le 17 septembre, devant le Parlement à Varsovie, que le plan russe, d'après les évaluations des services de renseignement, comprendrait des attaques hybrides de drones et de missiles contre des pays soutenant l'Ukraine, dont la Pologne. Il a évoqué « un risque réel » de chute de drones sur le territoire d'un ou de plusieurs pays du flanc oriental.
Selon les évaluations des services de renseignement, Moscou présenterait ces incidents comme des accidents. L'objectif serait d'affaiblir la cohésion de l'Alliance et de convaincre les alliés que l'article 5 est plus théorique que réel. La France et les Pays-Bas partageraient ces inquiétudes, avec des sources sécuritaires françaises anticipant une guerre larvée.
L'article 5 du traité de Washington, qui prévoit la défense collective des alliés, n'a été invoqué qu'une seule fois, après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. L'OTAN continue de renforcer ses capacités pour faire face à une éventuelle escalade russe, avec des plans militaires détaillés et une préparation accrue de ses troupes.
Key points
- L'OTAN a élaboré des plans militaires de près de 4 000 pages en cas d'escalade russe.
- Les plans militaires de l'OTAN prévoient des réponses graduées à différents niveaux de crise.
- L'Alliance continue de renforcer ses capacités pour faire face à une éventuelle escalade russe.