Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz reste suspendu depuis que l'Iran a fixé trois conditions pour sa réouverture. Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré que ces conditions avaient été transmises à Washington par des médiateurs. L'Iran exige l'arrêt complet des hostilités militaires, le dégel de ses avoirs à l'étranger et la fin du blocus naval imposé par la marine américaine.
Selon Ghalibaf, l'Iran entend mener de front confrontation et diplomatie pour consolider ses positions. Le responsable a précisé que Téhéran recourait à la force militaire pour dissuader ses adversaires tout en utilisant la voie négociée. La veille, le général Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, avait confirmé que ces conditions avaient transité par le Qatar, médiateur régulier dans ce dossier.
Une délégation pakistanaise, conduite par le ministre de l'Intérieur Mohsin Naqvi, devait se rendre à Téhéran pour poursuivre les efforts de médiation. Le général Mohsen Rezaï a également confirmé que les conditions iraniennes avaient été transmises à Washington par le Qatar. Les États-Unis et l'Iran ont des relations tendues depuis des années.
Le détroit d'Ormuz est un passage stratégique qui relie le golfe Persique au golfe d'Oman. Avant le déclenchement du conflit, un cinquième des hydrocarbures mondiaux transitait par ce couloir maritime. Le commandant du CENTCOM, Brad Cooper, a affirmé que les forces américaines avaient sécurisé le passage de plus de 2 000 navires commerciaux et d'un milliard de barils de pétrole ces deux derniers mois.
L'Iran et les États-Unis avaient signé un mémorandum en juin à Versailles, en marge du sommet du G7 d'Évian. Le texte prévoyait l'arrêt immédiat des hostilités et ouvrait une période de 60 jours pour négocier une paix durable. Cependant, l'accord s'est fissuré dès le mois de juillet après une frappe iranienne contre un navire.
Les États-Unis ont rétabli leurs sanctions pétrolières et leur blocus naval après la rupture de l'accord. D'anciens responsables du département d'État ont pointé la formulation imprécise du texte comme cause structurelle de son échec. Chaque camp a pu interpréter le texte à sa convenance, notamment sur la souveraineté du détroit lui-même.
Le conflit a des conséquences importantes pour la région et l'économie mondiale. Le prix du diesel a explosé aux États-Unis et a battu un record historique. Les États-Unis organisent des exercices militaires avec la Jordanie en pleine guerre contre l'Iran. L'avenir du détroit d'Ormuz et des relations entre l'Iran et les États-Unis reste incertain.
Key points
- L'Iran exige trois conditions pour rouvrir le détroit d'Ormuz : l'arrêt des hostilités, le dégel de ses avoirs et la fin du blocus naval américain.