La Chine connaît une révolution dans le domaine de la production audiovisuelle avec l'intelligence artificielle. Les mini-séries sont de plus en plus créées sans caméra ni acteurs, grâce à des outils capables de générer des personnages et des scènes ultra-réalistes. Cette technologie permet aux producteurs de réduire considérablement leurs coûts, mais elle fragilise aussi les métiers du cinéma. Les studios de production chinois, tels que Jubao Huyu, utilisent de plus en plus l'intelligence artificielle pour créer des contenus.
Selon une responsable de Jubao Huyu, l'intelligence artificielle représenterait déjà entre 70 et 80 % de la production, voire plus de 90 % de contenus générés par IA. Cette évolution s'explique notamment par les économies qu'elle permet de réaliser. Produire une mini-série avec l'IA coûte jusqu'à dix fois moins cher qu'un tournage classique. Cela permet aux producteurs de réduire leurs coûts et d'augmenter leur productivité.
Les effets de cette transformation se font déjà sentir à Hengdian, l'un des grands centres du cinéma chinois. Les plateaux de tournage sont moins fréquentés et les professionnels du secteur constatent une baisse de leurs activités. Li Long, un acteur habitué à travailler plus de 20 jours par mois sur les plateaux, affirme que son activité a diminué de moitié depuis l'arrivée de l'IA.
Les conséquences de cette évolution ne concernent pas uniquement les comédiens, mais également les costumiers, les maquilleurs, les cadreurs et les réalisateurs. Dans les sociétés de production, une grande partie du travail s'effectue désormais sur ordinateur. Les équipes utilisent des outils d'intelligence artificielle pour concevoir les personnages, générer les décors et donner vie aux scénarios.
Les équipes de Jubao Huyu utilisent des outils d'intelligence artificielle pour créer des personnages et des scènes. Un monteur de l'entreprise explique rechercher sur Internet des visages correspondant aux personnages imaginés, avant d'importer les photographies dans ChatGPT et de formuler des consignes pour obtenir les portraits souhaités. L'entreprise affirme produire jusqu'à 50 mini-séries par mois, destinées au public chinois et à l'étranger.
Cependant, l'utilisation de l'intelligence artificielle pose des problèmes de droit à l'image. L'entreprise a déjà été confrontée à un problème d'utilisation non autorisée d'un visage. À la suite du retrait d'une de ses productions, elle a renforcé les vérifications afin d'éviter de nouvelles atteintes au droit à l'image. Certains producteurs se tournent vers une autre solution : rémunérer des personnes pour obtenir le droit d'utiliser leur visage dans des productions générées par IA.
Face aux risques de poursuites judiciaires, les producteurs doivent prendre des mesures pour éviter les problèmes de droit à l'image. Les comédiens proposent de louer leur apparence pour éviter les problèmes. L'intelligence artificielle continue de se développer dans la production audiovisuelle chinoise, avec des conséquences pour les professionnels du secteur. Les producteurs doivent trouver un équilibre entre les économies réalisées et les risques de poursuites judiciaires.
Key points
- L'intelligence artificielle représente entre 70 et 80 % de la production de Jubao Huyu.
- La production d'une mini-série avec l'IA coûte jusqu'à dix fois moins cher qu'un tournage classique.
- Les professionnels du secteur constatent une baisse de leurs activités depuis l'arrivée de l'IA.