Les élections de mi-mandat américaines auront lieu le 3 novembre et détermineront si Donald Trump pourra continuer à gouverner sans opposition. Selon les moyennes nationales du vote pour le Congrès, les démocrates devancent les républicains de huit points. La Chambre des représentants semble à leur portée, mais le Sénat reste une bataille incertaine. Trump cherche à mobiliser sa base et à imposer l'immigration et la sécurité au centre du débat.
Les événements récents au Brésil illustrent les limites du mouvement de l'extrême droite. Luiz Inácio Lula da Silva a battu Flávio Bolsonaro, le candidat de la droite radicale et fils de l'ancien président Jair Bolsonaro. Cette victoire ne constitue pas un plébiscite pour la gauche, mais plutôt le rejet d'une dynastie politique contestée. Lula devra composer avec un Parlement conservateur et trouver un moyen de gouverner efficacement.
La réaction de Washington, DC, à la défaite de Flávio Bolsonaro est également révélatrice. Trump a accueilli favorablement l'arrivée de Bolsonaro aux États-Unis et a publiquement mis en doute le résultat électoral sans apporter de preuve de fraude. Cela illustre la solidarité politique qui unit une partie de la droite nationaliste internationale.
Les législatives israéliennes du 27 octobre ont également débouché sur une impasse. Le bloc de Benyamin Netanyahou est crédité de 53 sièges, contre 48 pour celui de Gadi Eisenkot, tandis que les partis arabes en obtiennent 19. Aucun camp n'atteint les 61 sièges nécessaires pour gouverner seul. La participation des citoyens arabes israéliens leur confère un poids décisif dans les négociations.
Le parallèle avec la France de Marine Le Pen est également instructif. La droite radicale prospère sur les inquiétudes relatives à l'immigration, à la sécurité et à l'identité nationale. Cependant, il y a un saut entre condamner les casseurs et rendre les étrangers collectivement responsables des désordres. La progression de ces mouvements ne prouve pas que le racisme recule lorsqu'ils perdent une élection.
Les électeurs peuvent sanctionner un dirigeant sans renoncer aux idées qui l'ont porté. C'est le paradoxe de la droite radicale : elle séduit en promettant de simplifier un monde anxiogène, mais se heurte à la complexité des sociétés et aux contraintes du pouvoir. Trump, Netanyahou, Bolsonaro et Le Pen ne forment pas un bloc homogène, mais partagent une politique de la confrontation.
Les midterms diront si cette stratégie conserve son efficacité aux États-Unis. Le Brésil et Israël rappellent déjà une vérité moins spectaculaire : gagner une élection ne signifie pas obtenir un mandat illimité. Et perdre ne signifie pas disparaître. La bataille autour de la démocratie, de l'identité et de l'autorité ne fait que changer de terrain.
Key points
- Les élections américaines et israéliennes mettent en lumière les difficultés de l'extrême droite.