L'Espagne a entamé jeudi 29 octobre 2026 trois jours de deuil national après la collision mercredi entre deux trains qui a fait au moins 68 morts et plus d'une centaine de blessés. Cette catastrophe ferroviaire est la pire que le pays ait connue depuis 2013. Le Premier ministre Pedro Sánchez a décrété ces trois jours de deuil national, de jeudi à samedi, alors que le bilan ne cesse de s'alourdir.

La collision s'est produite dans la région de Castille-La-Manche mercredi matin lorsqu'un train à grande vitesse de la compagnie nationale Renfe est entré en collision avec un train à l'arrêt appartenant à la compagnie espagnole privée Iryo. Les autorités ont fait état de 108 blessés, dont 58 hospitalisés. Le ministre des Transports Óscar Puente a indiqué que le système de signalisation était tombé en panne, provoquant tout d'abord "l'arrêt automatique" de six trains se trouvant dans la zone.

Selon le ministre des Transports, le centre de contrôle a ordonné la reprise en marche du train Renfe, une décision "erronée" et "inexplicable". En un quart d'heure, ce train de la Renfe a parcouru 25 kilomètres avant de heurter, à une vitesse encore inconnue et en pleine ligne droite, le train Iryo, resté lui à l'arrêt. Le centre de contrôle avait "largement le temps pour vérifier l'erreur, mais ils ne l'ont pas rectifiée", a souligné M. Puente.

L'enquête suit son cours, mais le gouvernement socialiste fait face à de vives critiques concernant la gestion du réseau ferroviaire. Les services d'urgence ont fouillé les décombres au cours de la nuit pour retrouver d'autres victimes. Des journalistes de l'AFP ont constaté que les équipes de secours soulevaient des morceaux de métal tordu avec des grues.

Des témoins ont raconté à l'AFP qu'ils avaient vécu des moments terribles. Josimar Medina, un Péruvien de 31 ans qui passait ses vacances en Espagne avec sa compagne, a déclaré qu'il dormait dans le train accidenté de la Renfe quand il s'est réveillé et a réalisé qu'il était "dans l'air". Pablo Mejia, 42 ans, qui s'en est sorti avec une blessure à la tête, a raconté qu'un changement de siège à la dernière minute lui avait sauvé la vie.

Une école située dans le village voisin d'Urda, à environ 130 km au sud de Madrid, a accueilli les proches venus se renseigner sur le sort des passagers. Des équipes de la Croix Rouge offraient un soutien aux personnes qui arrivaient, certaines en larmes, au milieu des policiers et des journalistes. La psychologue de la Croix Rouge Carmen Garcai a déclaré qu'elles devront affronter "de longues heures difficiles".

La Garde civile a installé quatre bureaux à Madrid, Tolède, Cordoue et Séville pour permettre aux proches des victimes de fournir des échantillons d'ADN et d'identifier ainsi les victimes. Des centres de don du sang ont été mis en place à Castille-La Manche et à Madrid. Le gouvernement a également annoncé l'ouverture d'une enquête pour déterminer les causes de la catastrophe.

Key points

  • La collision ferroviaire en Espagne a fait 68 morts et plus d'une centaine de blessés.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.