Le Directeur général de l'Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Juan Ted Beleshayi, a révélé que l'État congolais perdait près de 20 milliards de dollars américains chaque année dans le secteur de la sous-traitance minière. Cette déclaration a été faite à l'occasion d'une conférence de presse organisée à Kinshasa, jeudi 1er octobre, pour dresser le bilan de ses cent premiers jours à la tête de l'institution.
Face à cette situation, le patron de l'ARSP entend renforcer le rôle de régulateur de son institution à travers un contrôle accru des marchés de sous-traitance et une application rigoureuse de la loi sur le contenu local. Son objectif est notamment de lutter contre les pratiques frauduleuses qui privent l'État de ressources importantes et limitent l'accès des entrepreneurs congolais aux opportunités économiques.
Au cours de son intervention, Juan Ted Beleshayi a présenté les principaux axes de son action depuis sa prise de fonctions. Parmi les chantiers engagés figurent la digitalisation des services de l'ARSP, la maîtrise des effectifs des travailleurs, l'amélioration de l'accès au financement pour les sous-traitants congolais, le renforcement des mécanismes de contrôle, le déploiement de l'institution à travers le territoire national ainsi que l'application effective des dispositions relatives au contenu local.
Selon lui, une attention particulière est accordée à la lutte contre le phénomène des « prête-noms », une pratique qui consiste à utiliser des entreprises congolaises de façade pour contourner les exigences légales en matière de sous-traitance. D'après le Directeur général de l'ARSP, ces pratiques irrégulières seraient à l'origine d'un manque à gagner estimé à près de 20 milliards de dollars par an pour l'État congolais, principalement dans le secteur minier.
Favoriser l'accès des entrepreneurs congolais aux marchés, Juan Ted Beleshayi a également tenu à rappeler que la sous-traitance ne se limite pas au secteur minier. Selon lui, des opportunités existent également dans plusieurs autres domaines de l'économie nationale, notamment les télécommunications, le bâtiment et travaux publics (BTP), l'énergie et les services.
Les opérateurs économiques saluent les réformes, lors d'un échange avec les médias à Kinshasa, ces derniers ont salué la nouvelle orientation prise par l'ARSP en faveur de la promotion du contenu local et du développement d'une classe moyenne entrepreneuriale congolaise. Parmi eux, Gabriel Tshitende, Directeur général de l'entreprise Eléphant Trade, estime que les réformes engagées permettent progressivement d'ouvrir davantage d'opportunités aux sociétés à capitaux congolais.
Vers une application stricte de la loi sur la sous-traitance, l'intervention des opérateurs économiques intervient alors que l'ARSP multiplie les opérations de contrôle et de régulation à travers le pays. La direction générale entend intensifier les inspections et les vérifications afin de s'assurer du respect de la législation en vigueur par les entreprises principales et leurs sous-traitants.
Key points
- L'État congolais perdrait près de 20 milliards de dollars américains chaque année dans le secteur de la sous-traitance minière.
- L'ARSP entend renforcer le rôle de régulateur de son institution à travers un contrôle accru des marchés de sous-traitance et une application rigoureuse de la loi sur le contenu local.
- Les opérateurs économiques saluent les réformes engagées par l'ARSP en faveur de la promotion du contenu local et du développement d'une classe moyenne entrepreneuriale congolaise.