La Société civile force vive de Dekese a dénoncé récemment des prélèvements jugés irréguliers sur les salaires des enseignants du réseau conventionné catholique dans le territoire de Dekese, province du Kasaï, en République démocratique du Congo. Selon cette organisation, plusieurs contributions sont prélevées sur les salaires des enseignants, dont le montant cumulé serait estimé à 109.000 francs congolais par enseignant.
D'après les documents et témoignages recueillis par cette structure le mardi 3 octobre, les retenues concernent notamment les Œuvres pontificales missionnaires (OPM), la construction de chapelles dans les villages Itunga et Anga-Anga, l'accueil de l'évêque, sa prise en charge ainsi que le contrôle physique des enseignants. Les contributions évoquées se répartissent comme suit : 30.000 FC pour les OPM, 20.000 FC pour la construction d'une chapelle à Itunga, 20.000 FC pour une autre à Anga-Anga, 15.000 FC pour l'arrivée de l'évêque, 20.000 FC pour sa prise en charge et 4.000 FC pour le contrôle physique des enseignants.
Pour Degaul Bekanda, membre de la Société civile force vive, ces pratiques soulèvent des préoccupations quant au respect des droits des travailleurs. Le salaire de l'enseignant est protégé par la loi, notamment l'article 89 du Code du travail congolais, qui interdit toute retenue non prévue par la loi ou sans accord écrit de l'employé.
L'organisation citoyenne s'interroge également sur la transparence dans la gestion des fonds collectés. Elle affirme qu'aucun reçu, procès-verbal d'assemblée générale ou rapport financier n'aurait été présenté aux enseignants pour justifier ces contributions. Cette situation crée un climat de méfiance parmi les enseignants.
Face à cette situation, la Société civile force vive formule plusieurs exigences : la suspension des retenues contestées, la restitution des sommes déjà prélevées, ainsi que l'ouverture d'une enquête conjointe de l'Inspection du travail, du Secope, l'actuelle Dinacope et de l'Évêché de Tshikapa sur la gestion de ces fonds.
La Société civile force vive réclame également des garanties pour protéger les enseignants qui dénoncent ces pratiques contre d'éventuelles représailles ou mesures de marginalisation. Dans un territoire aussi enclavé que Dekese, où les enseignants exercent déjà dans des conditions particulièrement difficiles, cette dénonciation relance le débat sur la protection de leurs rémunérations.
L'affaire a été portée à l'attention des autorités locales et des responsables de l'éducation, qui devront prendre des mesures pour résoudre ce problème. Les enseignants attendent avec intérêt les suites qui seront réservées à cette affaire.
Key points
- La Société civile force vive de Dekese dénonce des prélèvements jugés irréguliers sur les salaires des enseignants du réseau conventionné catholique.
- Les contributions prélevées sur les salaires des enseignants s'élèvent à 109.000 francs congolais par enseignant.
- La Société civile force vive exige la suspension des retenues contestées et la restitution des sommes déjà prélevées.