Le 24 octobre 2026, la ville de Rome a rendu hommage à Thomas Sankara, l'ancien président burkinabè assassiné en 1987, en inaugurant un monument à son effigie dans un parc de la capitale italienne. La cérémonie a eu lieu en présence de plusieurs diplomates burkinabè, maliens et nigériens, ainsi que des membres de la diaspora burkinabè et de l'Alliance des États du Sahel. Le monument, réalisé par l'artiste Hamed Sékou Ouattara, est un prisme en acier de deux mètres de haut et de soixante-dix centimètres de large.
Le parc Thomas-Sankara, où est installé le monument, a été baptisé le 17 septembre 2025 dans une municipalité du troisième arrondissement de Rome. L'initiative de créer ce parc et d'y installer un monument à Sankara est due à l'engagement d'un jeune Italien, Matteo Pietro Sante, qui a contribué à mobiliser les autorités locales autour du projet. Le président de la municipalité concernée, Paolo Emilio Marchionne, a présenté l'initiative comme un moyen de renforcer les liens entre les peuples italien et burkinabè autour des idéaux de fraternité et de dialogue associés à Sankara.
Thomas Sankara a dirigé le Burkina Faso de 1983 à 1987 et a marqué l'histoire du continent par ses positions panafricanistes, anticoloniales et sa politique de justice sociale. Son assassinat, survenu lors du coup d'État qui porta Blaise Compaoré au pouvoir, a nourri pendant des décennies une mémoire contestataire, particulièrement vive au sein des jeunesses africaines et des diasporas. La réhabilitation progressive de sa figure est en cours, et l'inauguration du monument à Rome s'inscrit dans ce contexte.
Lors de la cérémonie, le ministre burkinabè de la Culture, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a lancé la campagne « Une brique pour Sankara », visant à financer la construction du mémorial Thomas-Sankara au Burkina Faso. Ce projet prolongerait le geste italien par une entreprise mémorielle nationale, dont la portée symbolique dépasse largement le cadre burkinabè. L'ambassadrice du Burkina Faso en Italie, Cyrille Ganou-Badolo, a estimé que Sankara « n'appartient à aucun pays ni à aucune génération, il appartient à toute l'humanité ».
Le monument à Sankara est une œuvre d'art offerte par Madi Sakandé et réalisée par Hamed Sékou Ouattara. Il s'agit d'un hommage à l'ancien président burkinabè et à ses idéaux de dignité, de justice et d'émancipation des peuples. La création de ce monument et du parc qui l'abrite témoigne de la manière dont la mémoire de Sankara circule désormais hors des cercles militants africains, portée par des acteurs de la société civile européenne.
L'événement romain pourrait préfigurer une dynamique plus large de reconnaissance internationale de la figure de Thomas Sankara. Les prises de parole lors de l'inauguration témoignent de cette ambition universaliste, et il reste à savoir si cet élan symbolique se traduira par des engagements concrets, notamment dans le financement du mémorial de Ouagadougou. La portée universelle des idéaux défendus par Sankara a été soulignée par plusieurs intervenants lors de la cérémonie.
La construction du mémorial Thomas-Sankara au Burkina Faso est un projet qui pourrait avoir une portée symbolique importante, au-delà du cadre burkinabè. L'inauguration du monument à Rome et le lancement de la campagne de financement pour le mémorial de Ouagadougou témoignent de la volonté de rendre hommage à Thomas Sankara et à ses idéaux.
Key points
- Le monument à Thomas Sankara a été inauguré à Rome en présence du ministre burkinabè de la Culture.
- La campagne « Une brique pour Sankara » vise à financer la construction du mémorial Thomas-Sankara au Burkina Faso.
- L'événement romain pourrait préfigurer une dynamique plus large de reconnaissance internationale de la figure de Thomas Sankara.