La décision d'interdire les plastiques à usage unique en Guinée, entrée en vigueur il y a un mois, suscite des réactions mitigées parmi la population. Selon un sondage participatif réalisé par la Fondation Perceptis, intitulé « Sans plastique, comment faites-vous ? », 69 % des répondants approuvent le principe de cette décision, mais estiment que sa mise en œuvre a été mal préparée. Les résultats du sondage montrent que les consommateurs rencontrent des difficultés depuis l'application de cette mesure environnementale.

Les participants au sondage ont exprimé plusieurs préoccupations, notamment l'augmentation des dépenses consacrées à l'achat d'eau. En effet, 87 % des participants déclarent dépenser davantage pour s'approvisionner en eau depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction. Cette situation s'expliquerait notamment par le remplacement de l'eau conditionnée en sachet plastique par celle vendue en bouteille, généralement plus coûteuse pour le consommateur. Les prix de l'eau en bouteille ont été revus en hausse en raison de la demande supérieure à l'offre.

Malgré l'interdiction, les habitudes commerciales semblent également évoluer lentement. L'enquête révèle que 44 % des répondants constatent que des commerçants continuent de distribuer des emballages plastiques. Ce résultat soulève la question de l'application effective de la réglementation, mais aussi de l'accessibilité des solutions de remplacement pour les commerçants et leurs clients. La disparition des emballages plastiques à usage unique suppose une adaptation des pratiques commerciales et la disponibilité d'autres matériaux à des prix supportables.

Les participants au sondage ont également formulé des attentes concernant la suite de la réforme. Récemment, un moratoire de six mois a été accordé aux entreprises de production de l'eau en sachet. À l'approche de la fin dudit moratoire, ils placent en tête de leurs priorités la mise en place de dispositifs de collecte et de recyclage des déchets. Ils réclament également des emballages de substitution accessibles financièrement.

La Fondation Perceptis a mené ce sondage pour évaluer les impacts de l'interdiction des plastiques à usage unique sur les consommateurs. Les résultats montrent que les personnes ayant participé à l'enquête ne rejettent pas la mesure en elle-même, mais estiment que sa mise en œuvre a été insuffisante. Les difficultés constatées soulignent la nécessité d'une meilleure préparation et d'une adaptation progressive.

Le sondage « Sans plastique, comment faites-vous ? » a permis de recueillir les avis et les préoccupations des consommateurs guinéens. Les résultats seront utiles pour les autorités et les acteurs concernés pour ajuster la mise en œuvre de la réforme et améliorer les conditions de vie des populations. Les attentes des consommateurs sont claires : ils souhaitent des solutions de remplacement accessibles et des dispositifs de collecte et de recyclage efficaces.

La mise en œuvre de l'interdiction des plastiques à usage unique en Guinée est un défi qui nécessite une approche progressive et coordonnée. Les autorités et les acteurs concernés doivent prendre en compte les préoccupations et les attentes des consommateurs pour ajuster la réforme et atteindre les objectifs environnementaux visés. Les résultats du sondage de la Fondation Perceptis constituent un apport important pour cette démarche.

Key points

  • 69 % des répondants estiment que l'interdiction des plastiques à usage unique est bonne dans son principe, mais insuffisamment préparée.
  • 87 % des participants déclarent dépenser davantage pour s'approvisionner en eau depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction.
  • 44 % des répondants constatent que des commerçants continuent de distribuer des emballages plastiques malgré l'interdiction.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.