L'interdiction des sachets plastiques à usage unique en Guinée, entrée en vigueur pour lutter contre la pollution environnementale, a entraîné la disparition des sachets d'eau largement consommés par les populations à faibles revenus. Cette situation soulève désormais des inquiétudes sur l'accès à une eau potable abordable et ses éventuelles conséquences sanitaires. Les populations à faibles revenus pourraient être affectées par cette interdiction.

Dr Ben Youssouf Keïta, ancien président de la commission santé de l'Assemblée nationale et directeur médical de la clinique Best, estime que la mesure peut contribuer à réduire la pollution plastique. Cependant, il souligne la nécessité de solutions alternatives pour éviter que les populations ne se tournent vers des sources d'eau dont la qualité n'est pas garantie. Il a rappelé les conséquences environnementales liées à l'accumulation des déchets plastiques.

Les plastiques, dérivés du pétrole, contiennent des produits toxiques et ne sont pas biodégradables, pouvant rester dans la nature plus d'un siècle. Lorsqu'ils se décomposent en petits morceaux, ils sont drainés dans les cours d'eau et peuvent toucher les écosystèmes aquatiques et l'alimentation humaine. Les poissons qui consomment ces particules peuvent à leur tour être consommés par les humains, présentant des risques sanitaires.

Dr Ben Youssouf Keïta évoque également l'impact des déchets plastiques sur les animaux et les risques liés au brûlage de ces déchets. Les animaux qui consomment des déchets plastiques peuvent avoir des problèmes digestifs, et les substances toxiques peuvent finir par retomber sur la santé humaine à long terme. Il a souligné l'importance de prendre des mesures pour éviter ces conséquences.

Le médecin juge favorablement le principe de l'interdiction des sachets plastiques non recyclables à usage unique, mais estime que la suppression des sachets d'eau mérite une attention particulière en raison de leur accessibilité pour les ménages modestes. Il craint que la disparition des sachets d'eau puisse avoir des conséquences sur les populations qui ne disposent pas des moyens nécessaires pour acheter régulièrement de l'eau en bouteille.

Dr Ben Youssouf Keïta recommande aux personnes qui n'ont pas les moyens d'acheter de l'eau en bouteille de traiter l'eau provenant des puits, pompes ou forages avant sa consommation. Il suggère d'ébouillir l'eau pour éliminer les germes responsables de maladies hydriques telles que la diarrhée, la dysenterie et la fièvre typhoïde. L'ébullition permet d'éliminer plusieurs germes responsables de maladies hydriques.

L'enjeu est désormais de garantir aux populations une alternative accessible aux sachets d'eau interdits. La sensibilisation au traitement domestique de l'eau, notamment par ébullition, doit accompagner les mesures environnementales pour limiter les risques sanitaires pour les ménages les plus vulnérables. Les autorités doivent prendre des mesures pour assurer l'accès à une eau potable abordable.

Key points

  • Dr Ben Youssouf Keïta recommande d'ébouillir l'eau pour éliminer les germes responsables de maladies hydriques.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.