Le gouvernement guinéen a pris une mesure importante pour protéger l'environnement en interdisant la fabrication, l'importation, la détention en vue de la commercialisation et l'utilisation des emballages et objets plastiques à usage unique. Cette mesure, entrée en vigueur le 21 septembre 2024, vise à réduire la pollution plastique dans le pays. Selon certaines estimations, Conakry produit environ 1 800 tonnes de déchets ménagers par jour, dont près de 270 tonnes de déchets plastiques.
Les acteurs de la société civile et les spécialistes de l'environnement ont réagi à cette mesure, soulignant à la fois ses avantages et ses inconvénients. Alsény Bangoura, acteur de la société civile à Coyah, a exprimé ses inquiétudes quant aux conséquences sociales de cette interdiction, notamment sur l'accès à l'eau potable et l'emploi. Il a souligné que les déchets plastiques ont déjà des conséquences importantes sur l'environnement à Coyah, notamment dans les zones agricoles.
Selon Alsény Bangoura, les mamans qui faisaient des cultures maraîchères dans les bafonds ne peuvent plus le faire en raison des plastiques qui jonchent les sols. Les déchets plastiques affectent également les cours d'eau et les risques d'inondations. Il a également souligné que la question de la santé et de l'accès à l'eau potable doit être prise en compte dans l'application de l'interdiction, car certaines localités dépendent des eaux vendues dans des sachets plastiques.
Abdoulaye Diallo, spécialiste de l'environnement, a salué la mesure d'interdiction des plastiques à usage unique, tout en insistant sur la nécessité d'accompagner cette mesure. Il a souligné que la pollution plastique est devenue un problème environnemental majeur en Guinée, particulièrement à Conakry et dans les centres urbains. Les sachets plastiques contribuent notamment à l'obstruction des ouvrages d'assainissement, à la dégradation du cadre de vie et des écosystèmes.
Abdoulaye Diallo estime que l'interdiction de commercialisation et l'utilisation des emballages et objets plastiques à usage unique contribuerait à réduire la quantité de déchets plastiques abandonnés dans la nature. Cela pourrait contribuer significativement à réduire l'obstruction des caniveaux, améliorer le cadre de vie, limiter la pollution, protéger le littoral et les écosystèmes marins.
Cependant, Abdoulaye Diallo précise que l'interdiction ne peut, à elle seule, résoudre la problématique des déchets en Guinée. Il faut parallèlement améliorer la collecte, le tri, le recyclage et la valorisation des déchets. L'objectif doit être de passer progressivement d'une économie du "produire-utiliser-jeter" à une économie circulaire, dans laquelle les déchets deviennent autant que possible des matières premières.
Le gouvernement guinéen mise sur la valorisation des déchets et a annoncé la création d'un Comité national de valorisation des déchets plastiques. Cette instance doit encourager la collecte, le tri et le recyclage des déchets plastiques à l'échelle nationale et contribuer à réduire la pollution plastique dans les rues, les espaces publics, les réseaux d'assainissement et les milieux naturels.
Key points
- La Guinée interdit les plastiques à usage unique pour protéger l'environnement.
- Les acteurs de la société civile et les spécialistes de l'environnement ont des avis partagés sur les conséquences de cette mesure.
- Le gouvernement mise sur la valorisation des déchets pour réduire la pollution plastique.