La décision de l’État guinéen d’interdire totalement l’exploitation anarchique de l’or dans la région administrative de Siguiri a suscité des réactions au sein des acteurs locaux. Fodé Nakon Keïta, coordinateur préfectoral de la Maison des Associations et ONG de Guinée (MAOG) de Doko, a exprimé son soutien à cette initiative gouvernementale tout en formulant plusieurs préoccupations et propositions.

Selon Fodé Nakon Keïta, la mesure constitue une réponse nécessaire face aux conséquences environnementales et sanitaires des pratiques minières incontrôlées. L’exploitation anarchique de l’or, particulièrement à travers l’utilisation incontrôlée d’engins lourds, de produits chimiques dangereux et l’occupation des cours d’eau, constitue une menace sérieuse pour l’écosystème, les terres agricoles, les ressources hydriques et la santé des populations de Siguiri.

Au-delà des enjeux environnementaux, Fodé Nakon Keïta invite les autorités à ne pas perdre de vue la dimension sociale de cette décision. L’orpaillage représente depuis plusieurs décennies une importante source de revenus pour les ménages de Siguiri. Des milliers de citoyens, notamment des jeunes, dépendent directement ou indirectement de cette activité pour subvenir à leurs besoins quotidiens.

Face à cette situation, le coordinateur préfectoral de la Société civile MAOG de Doko défend une approche qui concilie impératifs environnementaux et protection des populations. Il propose de distinguer l’exploitation anarchique de l’orpaillage artisanal responsable et de créer des zones d’orpaillage artisanal réglementées avec des conditions d’accès clairement définies et un encadrement technique.

Fodé Nakon Keïta formule huit propositions à l’endroit des autorités pour une application efficace et socialement acceptable de la décision gouvernementale. Il sollicite notamment la mise en place d’un programme d’urgence en faveur des familles et des travailleurs affectés par cette interdiction, ainsi que la diversification des activités économiques.

Le responsable de la société civile insiste sur la nécessité d’associer les communautés à la mise en œuvre des mesures à travers des cadres de concertation réunissant autorités administratives, services techniques, collectivités locales, organisations de la société civile, jeunes, femmes, chefs coutumiers et exploitants artisanaux.

Fodé Nakon Keïta appelle à faire de cette interdiction un véritable levier de transformation pour la région administrative de Siguiri. Il exhorte les populations, les exploitants miniers, les autorités locales et les organisations de la société civile à faire preuve de responsabilité et de solidarité dans l’application des nouvelles mesures.

Key points

  • La MAOG soutient l'interdiction de l'exploitation anarchique de l'or à Siguiri.
  • L'organisme plaide pour la protection des orpailleurs.
  • Des propositions ont été formulées pour une application efficace de la décision gouvernementale.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.