Le Professeur Kamel Sanhadji, président de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), a récemment fait un constat alarmant sur la situation des cancers en Algérie. Selon lui, le pays enregistre chaque année entre 14 000 et 15 000 nouveaux cas de cancers, qui s'ajoutent aux 65 000 malades déjà existants. Ce constat soulève des interrogations quant à l'origine de cette propagation et aux moyens de freiner la progression exponentielle des cancers.

L'ANSS, créée en juin 2020, a un rôle essentiellement stratégique et scientifique, aidant l'État à anticiper, prévenir et gérer les risques pouvant menacer la santé de la population. Le Professeur Sanhadji a exprimé son inquiétude face à la progression du nombre de cas de cancers, qui devrait atteindre 80 000, 90 000 ou même 100 000 malades dans les années à venir. Il a souligné que la construction de centres et l'achat de médicaments ne suffiraient pas à faire face à cette situation.

Le Professeur Sanhadji a également souligné l'insuffisance des hôpitaux pouvant accueillir les cancéreux ainsi que la cherté du traitement. Les traitements pour le cancer sont très chers, avec des coûts pouvant aller jusqu'à 3 000 euros la boîte, pour une prise en charge en continu. Il a interrogé sur la manière dont les gens pourraient faire face à ces coûts, rappelant qu'il est conseiller auprès du président Tebboune, qui est au courant de cette situation.

Le président Tebboune peut "mettre tous les budgets de l'État dans le traitement du cancer, cela ne suffira pas", martèle le Professeur Sanhadji. Selon lui, la solution est de prévenir les cancers, et non de les traiter. Il a conseillé de prendre des mesures pour éviter de développer des cancers, plutôt que de chercher à les guérir.

Les cancers progressent de manière préoccupante en Algérie, selon les données citées par l'OMS et les spécialistes algériens. Le cancer du sein est le plus fréquent chez les femmes, tandis que le cancer colorectal, de la prostate et des poumons sont les plus courants. Les experts imputent cette explosion à plusieurs facteurs, tels que le vieillissement de la population, le tabagisme, la sédentarité, une alimentation déséquilibrée et la pollution environnementale.

Les experts préconisent la mise en place d'une stratégie nationale de prévention, de dépistage précoce et de surveillance sanitaire pour contenir la progression de la maladie. Le Professeur Sanhadji a souligné que la prévention est la meilleure solution pour faire face à cette situation. Il a appelé à une prise de conscience collective pour lutter contre la propagation des cancers.

Le constat du Professeur Sanhadji est alarmant, et la situation des cancers en Algérie nécessite une attention particulière. Les autorités algériennes doivent prendre des mesures pour faire face à cette situation, en mettant en place des stratégies de prévention et de traitement. La population algérienne est appelée à prendre des mesures pour se protéger contre les cancers, en changeant son mode de vie et en adoptant des habitudes plus saines.

Key points

  • L'Algérie enregistre entre 14 000 et 15 000 nouveaux cas de cancers chaque année.
  • Le Professeur Sanhadji préconise la prévention comme solution pour faire face à la propagation des cancers.
  • Les experts imputent l'explosion des cancers à plusieurs facteurs, tels que le vieillissement de la population, le tabagisme et la pollution environnementale.

Share this story

Written by

SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.