La dette publique guinéenne a augmenté de 8 points entre 2024 et 2025, passant de 43,5 % à 51,5 % du produit intérieur brut (PIB), selon un rapport de la Banque mondiale publié le 9 octobre. Cette hausse suscite des interrogations sur la situation économique du pays. L'économiste et juriste Dr Alhassane Makanera Kaké a réagi à cette publication, invitant à nuancer l'analyse en fonction de plusieurs facteurs.
Dr Alhassane Makanera Kaké souligne que la fiabilité et la concordance des statistiques économiques varient selon les institutions qui les publient. Selon ses données, le niveau d'endettement de la Guinée serait inférieur à celui annoncé par la Banque mondiale. Il évoque des chiffres de l'UEMOA, qui situeraient la dette guinéenne à 48,1 %. Il relativise ainsi l'importance de ce niveau d'endettement.
L'économiste rappelle que le seuil communautaire de 70 % du PIB est une référence pour apprécier le niveau d'endettement des États de la sous-région. Il cite des pays comme le Sénégal, le Cap-Vert et la Guinée-Bissau, dont les ratios d'endettement seraient nettement supérieurs à celui de la Guinée. Selon lui, la Guinée reste dans une position relativement basse en comparaison.
Dr Alhassane Makanera Kaké analyse la hausse de la dette guinéenne à la lumière des investissements engagés, notamment dans le cadre du projet minier intégré de Simandou. Il estime que l'endettement peut être un levier de développement si les ressources mobilisées financent des investissements générant des revenus à moyen et long terme.
L'économiste insiste sur la capacité de remboursement de l'État et la soutenabilité de la dette. Il prend l'exemple d'un investissement immobilier financé par un emprunt bancaire, qui peut être rentable si l'immeuble achevé génère des loyers permettant de rembourser la dette. Il applique cette logique à la situation guinéenne, soulignant que la réussite dépend de la gestion rigoureuse des ressources empruntées.
Dr Alhassane Makanera Kaké met en avant la confiance accordée à la Guinée par les créanciers et les institutions financières. Il y voit une opportunité pour le pays de répondre à ses défis économiques et sociaux. Cette confiance doit s'accompagner d'une gestion prudente des ressources et d'investissements productifs pour garantir la soutenabilité de la dette.
Key points
- La Guinée a un niveau d'endettement relativement bas en comparaison avec d'autres pays de la sous-région.
- L'économiste Dr Alhassane Makanera Kaké relativise la hausse de la dette publique guinéenne.
- La soutenabilité de la dette dépend de la capacité de remboursement de l'État et de la rentabilité des investissements financés.