Le gouvernement guinéen a réussi à lever près de 4 580 milliards de francs guinéens (GNF) sur le marché financier local à travers un emprunt obligataire. Cette opération, qui visait initialement à mobiliser 2 500 milliards GNF, a été saluée par certains observateurs. Cependant, le taux d'intérêt de 11% appliqué à cet emprunt a suscité des interrogations chez des spécialistes des finances publiques.

La ministre de l'Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, et le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Dr Karamo Kaba, ont justifié ce taux d'intérêt élevé. Selon Mme Sylla, il est difficile de comparer directement les conditions de financement de la Guinée à celles d'autres économies, notamment dans la sous-région. Elle a souligné que le taux d'intérêt doit être analysé en tenant compte des réalités économiques et monétaires de chaque pays.

Mme Sylla a expliqué que la Guinée a un franc guinéen qui fluctue, tandis que certaines économies voisines ont des monnaies arrimées à l'euro, ce qui limite les risques de fluctuation. Elle a également évoqué les différences entre les taux directeurs des banques centrales et les possibilités de refinancement offertes aux établissements bancaires dans les différentes zones monétaires. Le taux directeur en Guinée est actuellement de 9,5%, a-t-elle rappelé.

Le gouverneur de la BCRG, Dr Karamo Kaba, a abondé dans le même sens. Il a souligné que le taux d'intérêt de 11% rémunère les risques liés à l'emprunt, notamment le risque de défaut, le risque d'inflation et le risque de contrepartie. Il a établi une comparaison avec les conditions d'emprunt de certains pays, tels que le Brésil et la Russie, qui empruntent à des taux plus élevés.

Dr Karamo Kaba a également rappelé l'évolution des taux appliqués lors des précédentes émissions obligataires de l'État guinéen. Selon lui, cette évolution traduit un assouplissement progressif de la politique monétaire. Le taux d'intérêt a baissé de 300 points de base en Guinée depuis 2021, a-t-il précisé.

Le gouverneur de la BCRG a estimé que le taux de 11% permet de préserver le pouvoir d'achat des souscripteurs face à l'inflation. Il a calculé que le rendement réel pour les souscripteurs est de 5%, compte tenu de l'inflation actuelle de 6%. Ce taux permet donc aux Guinéens qui investissent de voir leur capital préservé.

Les autorités guinéennes ont insisté sur le fait que les retombées de cette opération profiteront aux acteurs économiques guinéens. Les intérêts versés par l'État seront versés à des banques guinéennes et à des citoyens guinéens, a rappelé Mme Sylla. Le gouvernement a donc justifié le taux d'intérêt de 11% pour l'emprunt obligataire de 4 580 milliards GNF.

Key points

  • Le gouvernement guinéen a levé 4 580 milliards GNF sur le marché financier local à travers un emprunt obligataire à 11% d'intérêt.
  • Le taux d'intérêt de 11% a été justifié par les autorités guinéennes au regard des réalités économiques et monétaires du pays.
  • Le rendement réel pour les souscripteurs est de 5%, compte tenu de l'inflation actuelle de 6%.

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SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.