Dix mois après un prétendu coup d'État en Guinée-Bissau, les doutes sur la sincérité du processus électoral à venir persistent. L'ex-président Umaro Sissoco EMBALO, qui a été renversé en novembre 2025, prépare son grand retour au pays pour le 4 octobre prochain. Il est déterminé à briguer un nouveau mandat lors de la présidentielle du 6 décembre. Selon des informations, le général Horta N'TAM, ancien directeur de cabinet d'EMBALO, lui ouvre grandes les portes du pays.

La thèse d'une "combine" politique prend de plus en plus de consistance, dénoncée par des figures régionales comme l'ancien président nigérian Goodluck Jonathan et l'ancien premier ministre Ousmane SONKO. Les conditions rocambolesques du renversement de novembre 2025, où le président déchu continuait d'échanger sereinement avec les médias depuis sa prétendue détention, troublent jusqu'aux observateurs les plus avertis.

Sur le terrain, la rupture avec l'ancien ordre politique relève de l'illusion. La formation du gouvernement de transition en est la preuve manifeste. Des postes stratégiques comme la primature, confié à Ilidio VIEIRA Té, les Finances, la Justice ou la Défense restent occupés par des fidèles du régime EMBALO. Un système taillé sur mesure pour assurer le service après-vente du pouvoir et préparer le terrain au retour du chef.

La Commission électorale nationale (CNE) demeure sous la coupe des militaires. Le saccage de ses locaux en novembre dernier et la confiscation des procès-verbaux de dépouillement par des hommes armés ont délibérément étouffé la vérité des urnes. Les données numériques donnaient la victoire au candidat de l'opposition, Fernando Dias.

L'ancien chef d'État fait face à la colère de nombreux citoyens et opposants qui réclament désormais des poursuites devant la Cour pénale internationale (CPI) pour les exactions, tortures et assassinats politiques qui ont émaillé son magistrat entre 2019 et 2025. Le chemin d'Umaro Sissoco EMBALO vers le fauteuil présidentiel pourrait s'avérer plus sinueux que prévu.

Le quotidien WalFadjri lève le voile sur ce qui ressemble davantage à un arrangement au sommet qu'à une réelle rupture démocratique. Les interrogations sur la sincérité du processus électoral à venir sont de plus en plus nombreuses. Le retour d'EMBALO est loin de faire l'unanimité au sein de la population bissau-guinéenne.

Selon Liboire SAGNA, les conséquences de ce processus électoral seront à suivre de près, tant sur le plan national qu'international. L'avenir politique de la Guinée-Bissau est en jeu, et les regards sont tournés vers le 6 décembre, date de la présidentielle.

Key points

  • L'ex-président Umaro Sissoco EMBALO prépare son retour au pays pour le 4 octobre.
  • Des doutes persistent sur la sincérité du processus électoral à venir.
  • L'ancien chef d'État fait face à des poursuites potentielles devant la Cour pénale internationale.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.