La junte au pouvoir en Guinée-Bissau a annoncé jeudi que les conditions de sécurité n'étaient pas réunies pour permettre le retour de l'ancien président Umaro Sissoco Embaló, actuellement en exil au Maroc. Cette décision intervient alors que M. Embaló avait annoncé son intention de rentrer dans son pays et de se présenter à la prochaine élection présidentielle, prévue le 6 décembre.

L'armée affirme que les conditions de sécurité nécessaires ne sont pas réunies pour garantir le retour sur le territoire national. Cette position est fondée exclusivement sur des motifs de sécurité nationale, de préservation de l'ordre public et de prévention de situations susceptibles de compromettre la stabilité et la tranquillité sociales.

Le haut commandement militaire assure avoir pris cette décision après une analyse de la situation nationale et du contexte sécuritaire actuel. Cette décision intervient quelques jours après une déclaration du président de transition, le général Horta N'Tam, qui affirmait que tout Guinéen était libre de revenir dans son pays s'il n'avait rien à se reprocher.

Des militants avaient annoncé sur les réseaux sociaux le retour d'Embaló pour dimanche. Cependant, la junte a maintenu le calendrier électoral, fixant au 6 décembre la tenue des prochaines élections présidentielle et législatives, censées permettre le retour à un régime civil.

Selon la charte de transition, le général N'Tam, qui exerce également les fonctions de président de transition, n'est pas autorisé à se présenter à l'élection présidentielle. Pour l'heure, on ignore si la décision concernant Embaló aura une incidence sur le calendrier électoral.

La junte a par ailleurs réaffirmé que les restrictions visant les manifestations, les rassemblements et les réunions à caractère politique restaient en vigueur. La crise actuelle intervient dans un pays marqué par une forte instabilité politique, avec plusieurs coups d'État et tentatives de putsch depuis son indépendance du Portugal en 1974.

La Guinée-Bissau a connu une période de troubles en novembre 2025, lorsque l'armée avait pris le pouvoir quelques jours seulement après l'élection présidentielle, renversant Umaro Sissoco Embaló et suspendant le processus électoral. Le pays est également confronté à des problèmes de corruption et de trafic de drogue.

Key points

  • La junte au pouvoir en Guinée-Bissau cite des raisons de sécurité nationale pour interdire le retour de l'ancien président Umaro Sissoco Embaló.
  • Le calendrier électoral est maintenu, avec des élections présidentielle et législatives prévues le 6 décembre.
  • La Guinée-Bissau est marquée par une forte instabilité politique et des problèmes de corruption et de trafic de drogue.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.