La Guinée et le Groupe de la Banque mondiale ont lancé, ce 5 octobre 2026, leur nouveau Cadre de partenariat pays (CPP) 2027-2033. Ce partenariat prévoit plus de 3 milliards de dollars d’engagements en faveur de la transformation économique du pays. L'objectif principal est de créer des emplois et de transformer les revenus miniers en prospérité durable. La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a insisté sur la nécessité de faire profiter les populations de la croissance économique attendue.

Selon les projections, la croissance du PIB réel devrait atteindre 8,6 % en 2026, avant de s’établir à une moyenne de 10,1 % sur la période 2027-2030. Cette croissance sera portée notamment par le secteur minier, les investissements dans les infrastructures et leurs effets d’entraînement sur les autres secteurs de l’économie. Cependant, la ministre Mariama Ciré Sylla a prévenu que la croissance, à elle seule, ne suffit pas. Elle doit se traduire par des emplois, par une amélioration des conditions de vie des populations et par davantage d’opportunités pour les concitoyens.

La jeunesse est au cœur du défi, avec plus de 70 % des Guinéens ayant moins de 35 ans. La ministre Mariama Ciré Sylla a souligné que cette jeunesse constitue la première richesse du pays. La responsabilité collective est donc claire : transformer la croissance en emplois, réduire la pauvreté et faire en sorte que les fruits du développement bénéficient à toutes les régions du pays. Cette ambition s’inscrit notamment dans le programme Simandou 2040, qui devrait représenter plus de 300 milliards de dollars d’investissements sur quinze ans.

Le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, a donné la mesure du défi auquel le pays est confronté. Selon lui, 1,5 million d’emplois devront être créés en Guinée d’ici 2030. Cela nécessitera une nette accélération par rapport au rythme observé ces dernières années. Ousmane Diagana a insisté sur la nécessité de changer de méthode pour atteindre cet objectif.

Ousmane Diagana considère Simandou comme une « opportunité historique » pour la Guinée. Cependant, il prévient que l’exploitation des ressources naturelles ne garantit pas automatiquement le développement. La véritable question est de savoir combien d’emplois, d’entreprises, de compétences, d’investissements et de nouvelles opportunités économiques Simandou permettra-t-il de créer pour les Guinéennes et pour les Guinéens ?

Le vice-président de la Banque mondiale a également attiré l’attention sur le risque de voir émerger un secteur minier moderne et performant sans que cette dynamique profite suffisamment au reste de l’économie. Il faut éviter une Guinée à deux vitesses : une Guinée minière moderne d’un côté et une économie informelle qui ne peut que générer des vulnérabilités pour les populations de l’autre.

Le lancement du CPP a également été marqué par la signature de quatre accords de financement représentant au total 320,8 millions de dollars. Ces financements concernent notamment le développement de l’agriculture commerciale, le renforcement des compétences, la mobilisation des recettes intérieures et l’amélioration de l’accès à l’électricité.

Key points

  • La Guinée et la Banque mondiale s'engagent à transformer la croissance économique en emplois et en prospérité durable.
  • 1,5 million d'emplois devront être créés en Guinée d'ici 2030.
  • Le programme Simandou 2040 devrait représenter plus de 300 milliards de dollars d'investissements sur quinze ans.

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SaharaWire Newsroom
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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.