L’administration publique congolaise est en plein chantier d’assainissement. Le vice-Premier ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a mis l’accent sur la question des effectifs, des recrutements et de la répartition des agents de l’État. La maîtrise des ressources humaines est l’un des enjeux majeurs de la réforme de la Fonction publique. À son arrivée à la tête du ministère, le système administratif présentait de profondes failles, décrit comme étant dans un « état comateux ».

Le ministre a décrit des dysfonctionnements structurels nécessitant une réorganisation en profondeur. Parmi les problèmes pointés figure l’inflation des effectifs, attribuée à des pratiques de recrutement irrégulières. Des agents auraient été recrutés sur la base de considérations politiques, sans que les besoins réels des administrations aient été préalablement établis. Cette situation a contribué à une augmentation désordonnée des effectifs publics.

Face à cette situation, la Fonction publique mise désormais sur une meilleure planification des besoins. La réforme prévoit la définition des structures organiques, la fixation des effectifs maximaux, l’évaluation des compétences et le recours au concours pour les nouveaux recrutements. Le principe de la vacance préalable des postes doit précéder toute affectation, afin d’éviter la création de postes sans nécessité administrative.

La stratégie d’assainissement repose également sur l’identification biométrique des agents publics. Les équipes de la Fonction publique sont déployées dans les administrations centrales, provinciales et territoriales pour identifier les fonctionnaires directement sur leurs lieux de service. Cette opération doit permettre d’établir une cartographie précise des effectifs et de leur localisation.

L’objectif est de renforcer la traçabilité des agents et de disposer d’une base de données plus fiable sur les ressources humaines de l’État. Un outil numérique permet aux citoyens de vérifier l’existence et la situation administrative d’un fonctionnaire sur le portail de la Fonction publique. La question des départs à la retraite constitue un autre volet de cette opération.

L’identification biométrique a permis de recenser près de 300 000 fonctionnaires éligibles à la retraite. Environ 20 000 agents auraient déjà quitté l’administration, contre 923 départs enregistrés au cours des dix années précédant les réformes actuelles. Le gouvernement affirme que la couverture sociale est passée de 566 000 à près de 1,6 million d’agents publics.

La répartition géographique des fonctionnaires constitue un autre défi. Le VPM relève que la RDC compte environ 17 fonctionnaires pour 1 000 habitants, contre une moyenne internationale estimée à 50 pour 1 000. La cartographie des effectifs doit servir à organiser leur redéploiement selon les besoins réels des administrations. Le membre du gouvernement cite notamment la santé et la justice, où certaines zones disposent d’un nombre important de médecins ou de magistrats tandis que d’autres en manquent.

Key points

  • La réforme de la Fonction publique vise à maîtriser les ressources humaines.
  • L'identification biométrique des agents publics est en cours.
  • La répartition géographique des fonctionnaires sera rééquilibrée.

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SaharaWire Newsroom
SaharaWire

Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.