La fabrication et la commercialisation des tamis artisanaux sont devenues une activité lucrative pour de nombreux jeunes au Niger. Dans le Grand marché de Niamey, des jeunes artisans donnent une seconde vie à des matériaux de récupération tels que des morceaux de tôles, des contreplaqués et des filets. Ces matériaux sont découpés, taillés et façonnés pour obtenir des tamis de différentes tailles et modèles servant d'écumoire, de passoire et de sas.
Selon Moutari, un jeune artisan, plusieurs variétés de tamis sont proposées à la clientèle, notamment ceux à base de contreplaqué et ceux à base de tôle. La différence dépend du choix du client, certains préférant le tamis en planche pour sa légèreté, tandis que d'autres optent pour celui en tôle pour sa durabilité. Les prix varient également en fonction de la taille et de l'usage du tamis, allant de 50 F pour les plus petits à 300 F pour les plus grands.
Pour s'approvisionner en matières premières, les artisans se rendent principalement au marché de Katako, connu pour la vente et la récupération de ferrailles. Parfois, ils font le tour de certains quartiers de la ville et des chantiers pour récupérer des matériaux qui peuvent encore servir. Les artisans doivent également faire preuve de créativité pour trouver des matériaux de qualité et à moindre coût.
La vente des tamis ne se fait pas toujours sur place. Les jours où les clients se font rares, les artisans parcourent les artères de la capitale ainsi que les quartiers périphériques à la recherche d'acheteurs potentiels. Moutari et ses camarades doivent ainsi être à la fois fabricants et vendeurs pour écouler leurs produits.
La commercialisation des tamis constitue également une source de revenus pour d'autres jeunes. C'est le cas d'Oussou, un détaillant qui achète les tamis auprès des fabricants avant de les revendre dans différents quartiers de Niamey. Il se ravitaille auprès des fabricants de tamis et fait le tour de la ville pour la revente ou pour les exposer au marché Taladjé.
La commercialisation des tamis va au-delà de la capitale. Certains revendeurs s'approvisionnent en gros pour acheminer les tamis vers les villages. Les revendeurs peuvent ainsi acheter en gros à 150 FCFA et revendre à 300 FCFA, ce qui s'avère être un business bénéfique. Cette activité permet ainsi à plusieurs acteurs de la filière des tamis de trouver leur compte.
La filière des tamis fait vivre plusieurs acteurs, de la récupération des matériaux à la fabrication, en passant par la vente au détail et la revente dans les quartiers ou les villages. Les artisans et les revendeurs estiment que cette activité leur permet de joindre les deux bouts et se réjouissent de la demande croissante pour leurs produits.
Key points
- Les jeunes artisans nigériens trouvent une source de revenus dans la fabrication et la commercialisation des tamis artisanaux.
- La filière des tamis fait vivre plusieurs acteurs, de la récupération des matériaux à la fabrication et à la vente.
- Les prix des tamis varient en fonction de la taille et de l'usage, allant de 50 F à 300 F.