Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a récemment révélé que son prédécesseur Joseph Kabila lui avait confié son aversion envers les Rwandais, qu'il accusait d'être impliqués dans l'assassinat de son père, l'ancien président Laurent-Désiré Kabila. Cette révélation a été faite lors d'une rencontre avec la diaspora congolaise vivant en Russie, en marge du sommet Russie-Afrique organisé à Moscou.
Selon Félix Tshisekedi, Joseph Kabila lui aurait dit que les Rwandais étaient responsables de la mort de son père. Il a établi un parallèle entre l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), qui avait porté Laurent-Désiré Kabila au pouvoir en 1997, et le Front pour la refondation de la nation (FRN), présenté comme le prolongement de l'AFC/M23 et désormais associé à Joseph Kabila.
Félix Tshisekedi estime que ces mouvements poursuivent une même logique politique, caractérisée par une volonté de placer la RDC sous l'influence du Rwanda. Il a soutenu que Laurent-Désiré Kabila avait bénéficié de l'appui de Kigali avant de découvrir tardivement l'ampleur de l'influence rwandaise dans son entourage.
Le président congolais a déclaré que Laurent-Désiré Kabila avait été trompé par ceux qui l'avaient accompagné dans sa conquête du pouvoir. Il a expliqué que son prédécesseur avait découvert trop tard que les Rwandais l'avaient infiltré de très près et qu'il n'avait pas su se débarrasser d'eux.
Félix Tshisekedi a également évoqué la succession de Laurent-Désiré Kabila, estimant que ses anciens alliés auraient cherché à installer à la tête du pays un dirigeant susceptible de servir leurs intérêts. Il a fait allusion à Joseph Kabila, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019.
Le président de la République a souligné ce qu'il considère comme une contradiction entre les propos que Joseph Kabila lui aurait tenus lorsqu'ils gouvernaient ensemble et son rapprochement actuel avec les forces hostiles au pouvoir de Kinshasa. Il présente ainsi l'engagement politique et militaire de son prédécesseur comme une démarche susceptible de replacer le pays sous une influence étrangère.
Cette sortie intervient dans un climat marqué par la persistance de la crise sécuritaire dans l'est de la RDC, les tensions entre le pouvoir et l'ancien régime, ainsi que les discussions autour d'une éventuelle révision de la Constitution. Plusieurs partenaires internationaux de la RDC continuent de privilégier une solution politique à la crise.
Key points
- Félix Tshisekedi accuse Joseph Kabila de vouloir replacer la RDC sous influence rwandaise.
- Joseph Kabila aurait confié à Félix Tshisekedi que les Rwandais étaient responsables de la mort de son père.
- La crise sécuritaire dans l'est de la RDC persiste, avec des tensions entre le pouvoir et l'ancien régime.