Le principe d'égalité souveraine, l'un des cinq principes de l'Initiative mondiale pour la Gouvernance, est considéré comme ayant la charge la plus transformatrice. Selon La Nation Bénin, ce principe ouvre la porte à une gouvernance pacifique et à une prospérité partagée. Le président Xi Jinping a évoqué ce principe comme l'un des piliers fondamentaux de l'Initiative pour la Gouvernance mondiale.
Le principe d'égalité souveraine n'est pas nouveau, il est inscrit dans la Charte des Nations Unies. Cependant, son remise au centre des discours, à Tianjin puis à Bichkek, révèle un diagnostic lucide de la crise de la gouvernance mondiale. Cette crise est considérée comme une crise de légitimité et de partialité, due au sentiment que les règles sont universelles en théorie mais sélectives en pratique.
La crise de légitimité vient du sentiment que les règles sont édictées par les plus forts pour les plus faibles. Des pays se sont retirés des mécanismes judiciaires et cadres institutionnels internationaux, et de nombreux autres Etats brandissent la menace de s’affranchir des institutions et normes internationales jugées intransigeantes pour les pays du Sud.
Le discours de Tianjin dénonce le deux poids, deux mesures et le fait d'imposer les règles domestiques de quelques pays comme règles internationales. Cela a miné la confiance et conduit à des sanctions à portée extraterritoriale, conditionnalités politiques fluctuantes, instrumentalisation des monnaies et des technologies.
La proposition qui émerge de Bichkek établit un lien direct entre égalité souveraine et avènement du monde multipolaire. Le renforcement du Sud global n'est pas présenté comme une faveur, mais comme un fait historique majeur qui conduit à un réajustement en profondeur des rapports de forces.
Un monde multipolaire, dans cette lecture, n'est pas un monde où chaque pôle fait sa loi, mais un monde où chaque pays jouit de l'égalité des droits, des chances et des règles. Les affaires du monde sont gérées par tous à travers des consultations d’égal à égal, avec des décisions prises par consensus.
La force de cette approche est de donner un contenu économique à l'égalité, à travers des projets communs de coopération dans l'énergie, les industries vertes et l'économie numérique. Il faudra accepter que la démocratisation des relations internationales implique un partage réel du pouvoir dans les institutions de gouvernance politique et financière.
Key points
- Le principe d'égalité souveraine est au cœur de l'Initiative mondiale pour la Gouvernance.
- La crise de la gouvernance mondiale est considérée comme une crise de légitimité et de partialité.
- Le renforcement du Sud global conduit à un réajustement en profondeur des rapports de forces.