La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) prévoit une progression de 6,1 % du produit intérieur brut (Pib) réel de l’Uemoa au troisième trimestre 2026. Cette performance serait principalement portée par le dynamisme des activités commerciales et des services ainsi que par les bons résultats de la campagne agricole. Les indicateurs disponibles à fin juillet confirment la bonne orientation de l’activité.

L’indice global du climat des affaires s’est établi à 0,7 point au-dessus de sa moyenne de long terme, après 0,6 point en juin. Dans le commerce, l’indice du chiffre d’affaires a progressé de 6,1 % en variation mensuelle, après un recul de 1,2 % le mois précédent. La production industrielle a également augmenté de 4,6 %, après une baisse de 2 % en juin.

Des disparités persistent entre les pays de l’Uemoa. Selon les enquêtes de la Bceao auprès des chefs d’entreprise, l’activité s’est améliorée en juillet dans l’ensemble des États membres, à l’exception du Mali, du Niger et du Togo. Le Bénin présente l’écart positif le plus élevé avec +26 points, devant le Sénégal (+22,8 points), le Burkina (+15,4 points), la Côte d’Ivoire (+8,9 points) et la Guinée-Bissau (+7,2 points).

Les évolutions des prix présentent également des contrastes. En août, l’inflation en glissement annuel s’est accélérée au Mali pour atteindre 3,3 % contre 2,8 % en juillet, et au Burkina : 3 %, après 2,3 %. Au Bénin, elle est ressortie à 0,1 %, après une stabilité des prix le mois précédent. Au Niger, le recul des prix s’est atténué avec un taux de -1 % contre -2 % en juillet.

La hausse des coûts du fret et de l’énergie constitue un facteur de risque pour l’inflation. À fin août, les coûts du fret avaient progressé de 71,5 %. Les prix des principaux produits alimentaires importés dans l’Union, exprimés en francs Cfa, ont augmenté de 16,2 % sur un an. Le relèvement des tarifs des produits pétroliers dans les États membres, à l’exception du Niger, contribue à ces tensions.

La Bceao anticipe une inflation de 1,6 % en septembre et de 1,9 % en octobre 2026. Cette accélération serait liée aux coûts énergétiques et logistiques ainsi qu’aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et de distribution dans certaines zones de l’Union. Les perspectives de croissance de l’Uemoa demeurent favorables, mais la hausse des coûts logistiques et énergétiques appelle à la vigilance.

La capacité des économies de l’Union à préserver cette dynamique dépendra notamment de la tenue de la demande intérieure, des activités commerciales et des services, ainsi que des résultats agricoles. Les pays de l’Uemoa devront également prendre des mesures pour atténuer les effets de la hausse des coûts du fret et de l’énergie sur les prix.

Key points

  • La croissance économique de l'Uemoa devrait se maintenir au troisième trimestre 2026 avec une progression de 6,1 % du Pib réel.
  • Les pressions sur les prix s'accentuent en raison de la hausse des coûts du fret et de l'énergie.
  • Des disparités persistent entre les pays de l’Uemoa en termes de croissance économique et d’inflation.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.