Le 5 octobre 2026, à l'occasion de la Journée mondiale des enseignants, le Syndicat des enseignants du Tchad (SET) a lancé un ultimatum au gouvernement tchadien, menaçant d'"hypothéquer" l'année scolaire 2026-2027 si leurs revendications ne sont pas satisfaites. Le syndicat réclame un statut digne pour les enseignants, dénonçant les discours creux et l'absence de mesures concrètes pour améliorer leur situation. Cette déclaration intervient alors que les classes intermédiaires avaient repris le 1er octobre, mais dans un contexte de tensions.
Le décret n° 2850 datant de novembre 2025, visant à améliorer la situation des enseignants, n'a toujours pas été suivi d'un protocole d'accord pour son application. La section de N'Djaména du SET avait attendu ce protocole pour Pâques, puis pour le 6 juin, mais en vain. Le 11 septembre, le ministre de la Fonction publique, Abdoulaye Mbodou Mbami, a promis de saisir les Finances pour régler le demi-salaire retenu en février, sans toutefois donner de montant ni de date précise.
Le gouvernement a annoncé une hausse de 10 000 FCFA en janvier 2027, puis de 5 000 FCFA en janvier 2028, mais la section du Logone Occidental du SET juge cette mesure insuffisante. Pendant ce temps, le front syndical se fissure, avec la suspension de la section de N'Djaména du SET par le bureau exécutif national, accusée d'être "trop radicale" après un préavis de grève du 9 au 26 septembre.
Dans certaines régions du Tchad, la situation scolaire est déjà préoccupante. À Gali, dans la province du Lac, des élèves suivent leurs cours sous des hangars, à côté d'une école inachevée. Cette situation contraste avec les annonces gouvernementales et les revendications syndicales, soulignant l'urgence de trouver des solutions concrètes pour l'éducation.
Dans un autre registre, le vice-Premier ministre chargé de l'Administration du territoire, Limane Mahamat, a annulé l'autorisation de fonctionner du Conseil africain franco-arabe pour les grades (CAFAG) le 6 octobre 2026. Cette association, créée à Bamako, avait été autorisée le 9 avril, mais a refusé de mettre ses statuts en conformité avec la législation tchadienne.
Le ministre de l'Enseignement supérieur avait rappelé que l'avancement en grade des enseignants-chercheurs relève exclusivement du CAMES et du CSUE. Cette décision fait suite à des semaines de contestation de la part du Syndicat national des enseignants-chercheurs du supérieur, qui remettait en cause le rôle du CAFAG.
Enfin, à l'Assemblée nationale tchadienne, des députés ont remis en cause l'utilité et la visibilité du Centre de contrôle de qualité des denrées alimentaires (CECOQDA), certains allant jusqu'à réclamer sa suppression. Le ministre de l'Élevage et des Productions animales, Abderahim Awat Atteib, a défendu le centre, rappelant ses missions de contrôle de la qualité des aliments et de protection des consommateurs.
Key points
- Le Syndicat des enseignants du Tchad menace de perturber l'année scolaire 2026-2027.
- Le gouvernement tchadien annonce des mesures pour améliorer la situation salariale des enseignants.
- La crise scolaire au Tchad est aggravée par des problèmes infrastructurels et des tensions syndicales.