Dix associations et des travailleurs sociaux se sont réunis à Port-Louis pour plaider en faveur d'une réforme de la politique mauricienne en matière de drogues. Ils souhaitent engager une réflexion profonde sur l'efficacité des réponses actuellement apportées à cette problématique. Le collectif, qui comprend des organisations telles que PILS, AILES, CUT, DRIP, CLAIM, CURE, Passage Projects, CDS, FreeArt et RWANA BIZIN LEGA, préconise une approche plus globale qui prenne en compte les enjeux de sécurité, de santé publique, de prévention, de justice et de droits humains.

Les membres du collectif estiment que la question des drogues ne peut être abordée sous le seul angle répressif. Ils soulignent que les drogues à Maurice sont une réalité et que la façon dont on y répond est un choix de société qui mérite un véritable débat public. Les associations demandent notamment la publication du rapport de la National Agency for Drug Control (NADC) sur la réforme du cannabis, qui a déjà été remis au gouvernement. Elles souhaitent que les conclusions et recommandations de ce rapport soient accessibles aux citoyens, aux professionnels et aux différents acteurs concernés.

Les représentants des associations ont exprimé leurs opinions sur la nécessité d'une réforme. Nicolas Ritter, coordinateur du collectif, estime que les autorités doivent cesser de répondre au trafic de drogue par un modèle de prohibition dépassé qui favorise la mafia et des cartels. Christine Moutou-Acis de CDS milite contre la stigmatisation après un gros travail de réhabilitation. François Henri de CURE préconise une approche intégrée qui prenne en compte les besoins des consommateurs de drogue.

D'autres membres du collectif ont également exprimé leurs opinions. Jacques Achilles de PILS souligne que le pays se retrouve actuellement à la croisée des chemins après un véritable constat d'échec. Ashwin Gungaram d'AILES estime que la répression et la criminalisation des consommateurs de drogue sont inefficaces. Danny Philippe de DRIP revient sur le rajeunissement et la féminisation au niveau des consommateurs et du trafic de drogue.

Le collectif souhaite également attirer l'attention sur les conséquences de la politique actuelle en matière de drogues. Stéphane Rezanah de RWANA BIZIN LEGA estime que sortir du statu quo ne consiste pas uniquement à revoir les dispositions légales, mais aussi à repenser le regard porté par la société sur les personnes concernées par les drogues. Amrish Lachooa de CLAIM s'est prononcé pour la légalisation du cannabis.

La mobilisation se poursuivra avec une conférence-débat intitulée «Politique des drogues : sortir du statu quo», prévue le vendredi 13 novembre à 18h30, à l'Institut français de Maurice, à Rose-Hill. Cette rencontre entend favoriser les échanges sur les orientations possibles de la politique nationale en matière de drogues à Maurice.

Les associations espèrent que leur mobilisation contribuera à une prise de conscience de l'importance de repenser la politique des drogues à Maurice. Jaimie Cartick de CUT plaide pour une approche profonde qui prenne en compte les conséquences de la politique actuelle en matière de drogues. Le collectif souhaite que les autorités prennent en compte les besoins des consommateurs de drogue et des communautés affectées par le trafic de drogue.

Key points

  • Les dix associations mauriciennes demandent la publication du rapport de la NADC sur la réforme du cannabis.
  • Le collectif préconise une approche plus globale qui prenne en compte les enjeux de sécurité, de santé publique, de prévention, de justice et de droits humains.
  • Une conférence-débat est prévue le 13 novembre pour discuter des orientations possibles de la politique nationale en matière de drogues à Maurice.

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Reporting for SaharaWire from the Nairobi bureau.